Ils ont été joueurs de Milan, de l’Inter et de la Juve #2 : Roberto Baggio, il Divin Codino

On ne le présente plus, Roberto Baggio est une légende absolue du football italien. Du football tout court, d’ailleurs. Passé par Vicence, la Fiorentina, la Juve, l’AC Milan, Bologna, l’Inter et Brescia, Baggio a inscrit son nom à l’encre indélébile sur le tableau des légendes de l’histoire du ballon. Retour sur la carrière de l’un des plus grands joueurs italiens de l’histoire.

Son passage à la Fiorentina, la révélation

Si Roberto Baggio a joué pour les trois plus gros clubs d’Italie, il a également laissé une trace indélébile à la Viola, en y explosant complètement. Le 21 septembre 1986, Roberto Baggio, tout juste transféré de Vicence à la Fiorentina, est titularisé lors de la victoire 2-0 de la Fiorentina sur la Sampdoria. Son tout premier but, celui d’une longue série, arrive cependant longtemps après. Il est marqué sur coup-franc lors de la saison 1986-1987, contre le Napoli d’el pibe de oro, Diego Maradona lui-même.

Après trois saisons peu prometteuses (5 matchs joués la première saison pour 0 but, 10 matchs la deuxième et 3 buts, 34 la troisième pour 9 buts), le coach de la Fiorentina finit par voir en Baggio bien plus qu’un milieu offensif, et convertit le joueur en faux numéro 9. Il avait vu juste : lors de la saison 1988-1989, Roberto Baggio enclenche réellement son compteur de buts et en marque 24 en 41 matchs joués. La saison suivante, la dernière à la Fiorentina, il en marque 19 en 46 matchs. Il se fait un nom dans le monde du calcio, menant même son équipe jusqu’en finale de la Coupe de l’UEFA. L’équipe de Baggio s’incline finalement sur la double confrontation face à la Juve (3-1/0-0). Le lendemain, il Divin Codino (« le divin à la queue de cheval », surnom faisant référence à sa coupe de cheveux) est forcé, contre sa volonté, de prendre une décision qui révolte les tifosi de la Viola.

Baggio sous les couleurs de la Fiorentina

De la Fiorentina à la Juve, une traîtrise involontaire ?

Pas plus tard que le lendemain de cette finale, le président de la Fiorentina, ayant besoin d’argent, décide de vendre Roberto Baggio… à la Juventus, éternelle rivale de la Fiorentina. C’est l’explosion. Révoltes, manifestations dans la rue et devant le siège du club : les tifosi en voudront toute leur vie à leur président. Le mondial doit tout de même se jouer, et l’Italie, s’étant inclinée aux tirs aux buts en demi-finale contre l’Argentine de Maradona, se contente de la troisième place en l’emportant 2-1 contre l’Angleterre. Baggio marque le premier but.

A la Juventus, il s’impose très vite comme le maître à jouer de l’équipe. Il marque 30 buts en 52 matchs lors de sa première saison, se montrant plus décisif que tous les autres joueurs du club. Malheureusement, sa saison est tâchée par une action qui lui vaudra d’être qualifié de « traître » par les juventini : lors d’un match contre la Fiorentina, un penalty est accordé à la Juve, et Baggio refuse de le tirer. Pire encore, en sortant du terrain lorsqu’il est remplacé, il ramasse une écharpe de l’équipe adverse en souvenir. Un moyen de remercier la Viola de l’avoir fait rentrer dans le grand bain. Le match se termine sur le score de 1-0 pour la Fiorentina.

Néanmoins, la Juventus est synonyme de consécration pour Baggio : il y reste cinq ans et y réalise cinq superbes saisons. Meilleur buteur de la Coupe des Coupes, ballon d’or, Coupe UEFA, Coupe d’Italie, Scudetto… son passage à la Juventus restera dans les mémoires du football italien. En moyenne, sur ses quatre premières saisons au club, il marque plus de 30 buts par saison. Alessandro Del Piero prend un peu plus de place lors de la dernière saison de Baggio à la Juve, ne le laissant marquer « que » 15 fois. Sa Coupe UEFA de 1993 est incroyable : 3 buts marqués contre le PSG en demi-finale et 2 marqués en finale contre Dortmund. Cette même saison, il marque un quadruplé contre l’Udinese.

Sa Coupe du Monde vient cependant ternir sa superbe carrière à la Juve : il rate son tir au but en finale, à l’image de Baresi et Massaro, laissant le Brésil s’imposer. Sa réaction ? Le doublé Coppa Italia – Scudetto pour clore sa sublime carrière à la Juventus, avant de rejoindre un autre géant du football italien : l’AC Milan.

Baggio à la Juve, l’apogée

Trois clubs en cinq ans : à la recherche du bonheur ?

  • Un passage discret à l’AC Milan

Bien qu’il commence sur les chapeaux de roue en arrivant au club en même temps que George Weah, remportant le Scudetto la première année, juste après l’avoir remporté avec la Juventus, la suite n’est pas aussi belle. Cette même année, c’est la Vecchia Signora qui remporte la Ligue des Champions. Mauvais timing… Ses deux années au club sont loin d’être aussi brillantes que celles passées à la Fiorentina et à la Juve, où il a été couvert de titres personnels et collectifs. Il ne marque que 10 buts la première saison et 9 la deuxième.

Sa place de titulaire est même remise en question, le joueur étant très loin de son niveau habituel. Cependant, sur le site officiel de l’AC Milan, Roberto Baggio figure bien parmi les joueurs constituant le « Hall of fame » de la famille rossonera. Un rapport avec son dernier match de club joué à San Siro, sous les tonnerres d’applaudissements et de chants des milanisti ? Bien qu’il ait trahi les rossoneri par la suite, ces derniers ont gardé un bon rapport avec le joueur et ont toujours gardé une véritable estime de la légende italienne. En 2017, pour les 50 ans du joueur, The Guardian a d’ailleurs établi un classement des cinq plus beaux coups francs du joueur. Ce bijou réalisé à l’AC Milan y occupe la deuxième place (bonne chance pour trouver le ballon, entre la qualité qui laisse à désirer et la vitesse de frappe…)

Finalement, après deux ans plutôt calmes, il décide d’aller dans un nouveau club italien, aux ambitions nettement moins grandes…

Baggio avec l’AC Milan contre la Juventus, son ancien club

Avant d’aller à l’Inter pour compléter sa panoplie de gros clubs, Roberto Baggio veut récupérer sa place de titulaire incontestable avant de jouer la Coupe du Monde 98 et être sélectionné. Pour cela, il est transféré à Bologne. C’est un succès : il Divin Codino marque 23 buts en 33 matchs, et est d’ailleurs sélectionné pour le mondial. Nouveau « succès » pour Baggio, qui marque deux buts, effectue deux passes décisives et réalise un très bon mondial. Malheureusement, la malédiction continue et, alors qu’il avait la balle de but en or au bout des pieds en quarts de finale contre la France, il la manque de peu et l’Italie se fait ensuite éliminer aux tirs aux buts.

  • Deux ans à l’Inter, les coulisses d’un échec

Après ce nouvel échec en Coupe du Monde, Baggio tente une nouvelle aventure, trahissant les supporters rossoneri comme les bianconeri, en rejoignant l’Internazionale. Pour l’anecdote, plus jeune, Roberto Baggio était tifoso des nerazzurri. Rejoindre ce club avait donc pour lui une signification toute particulière, bien qu’il n’y ait pas laissé d’empreinte pareille à celle de la Juventus ou de la Fiorentina. Sa première saison est un échec : associé à Ronaldo en attaque, il ne trouve que rarement le chemin des buts (10 buts en 35 matchs), l’Inter fait une saison blanche. Huitième en Serie A, élimination contre Manchester United en Ligue des Champions et contre Parma en Coupe d’Italie… Bien triste est la saison des nerazzurri, aucun des quatre entraîneurs s’étant succédés à la tête du club cette année ne trouvant de solutions.

L’année qui suit, en 1999-2000, Marcello Lippi, ancien entraîneur de Baggio qui l’avait déjà mis de côté à la Juve et forcé son transfert, prend les commandes. Pourtant, en arrivant au club, Marcello Lippi déclare, à la stupéfaction de tout le monde, que Baggio fait partie de ses plans. Mensonge et manipulation. Dès le début de la saison, les deux hommes se brouillent violemment et « Roby » est mis à l’écart des terrains, cirant le banc de touche bien trop souvent. Lippi fait jouer Ronaldo et Vieri comme attaquants titulaires. Baggio ne marque que 7 buts en 24 matchs joués, et traverse une période très difficile. A cause de cette deuxième saison désastreuse, Dino Zoff, coach de la Nazionale, refuse de convoquer le prodige pour l’Euro 2000 et notre héros doit passer son tour. L’Inter décide ensuite de s’en séparer en fin d’année pour éviter les différends entre lui et Lippi.

Baggio à l’Inter

Brescia, la fin d’un mythe

C’est finalement à Brescia qu’atterrit Baggio pour terminer sa carrière dans la tranquillité, marquant une dizaine de buts par saison sous son nouveau maillot. En 2004, le joueur prend sa retraite et Brescia décide de retirer le numéro 10 pour lui rendre hommage. Marquée par de nombreux trophées, une malédiction certaine en Coupe du Monde, des buts, un style de jeu superbe et un passage parmi les trois grands clubs du Nord, la carrière de Roberto Baggio fait de lui l’un des plus grands d’Italie.

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