La Serie A brille en Europe : vers l’apogée du calcio ?

Depuis 2010 et le Triplete de l’Inter, le calcio a perdu de sa superbe. Malgré l’omniprésence de la Juventus en Ligue des Champions, elle n’a pas réussi à reconquérir le trophée. Sept ans de domination perpétuelle sur le championnat italien, seul club présent en Ligue des Champions : à vue d’œil, rien ne bouge en Italie. Pourtant, quelque chose change bien dans le football italien. Le Napoli qui s’en sort cette saison dans le « groupe de la mort », la Roma et sa demi-finale de Ligue des Champions l’année dernière, l’Inter deuxième de son groupe, la Lazio et le Milan qui gèrent en Europa League… les clubs italiens sont loin d’être ridicules face à l’Europe cette saison, malgré un début de saison difficile pour certains. Jusqu’où pourront-ils aller ? Peut-on espérer quelque chose de concret cette année ? A quoi est dû ce réveil ? FrSerieA vous décrypte l’apogée récente des clubs italiens.

Des statistiques encourageantes

Tous les clubs italiens sont au moins deuxièmes de leur groupe en Coupe d’Europe. Jusqu’ici, leurs prestations sont encourageantes et tous peuvent espérer une qualification pour les phases finales. Même le Napoli, tombé face au PSG et Liverpool, a rattrapé son triste match nul contre l’Etoile Rouge avec une victoire sur le fil contre Liverpool et un nul largement mérité au Parc des Princes contre le PSG. Des résultats encourageants pour la suite, surtout quand on sait qu’ils font naître de belles stats. En effet, l’époque des « Ligue 1 > Serie A » (totalement infondés) est bien loin : la Serie A est au coude avec la Premier League pour la seconde place du classement des plus grands clubs d’Europe calculée via le coefficient UEFA.

De plus, par pays, la moyenne de points en phase de groupes en Coupe d’Europe la plus élevée est celle… de l’Italie ! Avec 2,11 points en moyenne, l’Italie devance de justesse l’Allemagne (2,10), l’Espagne (1,95), l’Angleterre (1,94) et met une grosse longueur d’avance à la France (0,78). On continue ? Dans le classement actuel, au moment de la publication de cet article, la Juventus est le club avec le plus de points UEFA sur la saison 2018-2019, à égalité avec Dortmund et le Barça. A la septième position on retrouve beaucoup d’autres clubs… dont 3 italiens : le Napoli, la Roma et l’Inter. Vous avez dit renaissance ?

Le réveil des gros clubs

Récemment, et ce malgré la domination évidente et incontestée de la Vecchia Signora sur le championnat italien ces dernières années, plusieurs clubs semblent avoir passés un vrai cap. Le Napoli par exemple a collé la Juventus toute la saison dernière avant de s’incliner dans les dernières journées. Ancelotti les conforte d’ailleurs, principalement en Ligue des Champions, sans réellement changer la philosophie de jeu de son club sous Sarri. Une victoire contre Liverpool à la 90ème minute, un match nul contre Paris au Parc des Princes… Carletto va peut-être réussir l’exploit et emmener ce Napoli loin dans la plus prestigieuse des compétitions de football en club. D’un autre côté, il y a la Roma et son début de saison en demi-teinte : un début de championnat très triste (pour ne pas dire mauvais), et une campagne de Ligue des Champions très bien menée malgré une défaite à l’extérieur contre le Real. Avec sa demi-finale jouée l’année dernière, il est clair que la Roma a passé un cap dans son histoire européenne ces dernières années.

On continue avec le Milan et son début de saison semblable à celui de la Roma : des résultats en montagnes russes, un début de championnat décevant et une phase de groupes de Ligue Europa très correcte après un bon mercato qui a permis aux rossoneri de recruter Gonzalo Higuain, pur numéro 9 qui manquait grandement à Milan. La Juve, elle, continue son chemin tranquillement : après deux finales perdues et deux éliminations à la dernière seconde sur les quatre dernières années, la Vieille Dame est décidée à passer un cap et aller chercher le Triplete. Ronaldo, Bonucci, Cancelo… le jeu de la Juventus a changé et est devenu beaucoup plus offensif cette saison, et les bianconeri peuvent espérer réaliser quelque chose de grand. Cependant, s’il y a un club qui représente vraiment la renaissance du calcio, c’est l’Inter. Le club évolue d’années en années, et se montre de plus en plus dangereux. C’est une équipe solide, mature et caractérielle qui est en train de sérieusement se réveiller : après avoir été chercher une qualification in extremis en Ligue des Champions l’année dernière, sa campagne est pour l’instant très propre : seule la défaite contre le Barça au Camp Nou vient ternir les deux belles prestations contre le PSV et Tottenham lors des journées précédentes. Tous ces clubs se développent à leur manière, à travers des mercati solides et réfléchis et des résultats encourageants. Le futur s’annonce brillant.

Une apogée qui cache des problèmes plus profonds

On le sait, la Nazionale traverse une période sombre de son histoire. Après avoir été absente de la Coupe du Monde, la sélection n’a pas gagné un seul match officiel pendant plus d’un an, avant de finalement battre la Pologne en Ligue des Nations. L’Italie se retrouve face à un vide générationnel loin du niveau de son prestige d’antan, et un cercle vicieux se met en place : les jeunes italiens n’ont pas un niveau très élevé, donc ils ne jouent pas. Puisqu’ils ne jouent pas, leur niveau ne s’améliore pas, donc ils sont mauvais. Donc… ils ne jouent pas. Vous avez saisi ?

Pour aller plus loin, prenons les dernières compositions des équipes jouant en Coupe d’Europe. Sur les 66 joueurs titularisés, seulement 16 sont italiens ! Ce « boycott » des joueurs italiens pose un certain problème mais, d’un autre côté, les clubs aux ambitions européennes n’ont pas vraiment le choix. Trop peu d’italiens ont le niveau pour jouer dans des équipes d’un tel niveau. Par exemple, la Juventus ne peut se permettre de titulariser aucun italien à part Chiellini, Bonucci et Bernardeschi dans les matchs à enjeux. Ce problème gâche un peu la fête, et une solution doit être trouvée pour que les cracks de la Botte fassent leur grand retour, et la Nazionale aussi.

Malgré ce problème générationnel qui touche la Squadra Azzurra, le football italien, paradoxalement, ne s’est pas aussi bien porté depuis quelques années. Avec six clubs en lice en Coupe d’Europe et encore tous capables d’aller chercher une qualification en phases finales, le Calcio retrouve de sa superbe. L’Inter, le Napoli, la Juve et même les autres grands clubs italiens, malgré un début de saison plus timide, sont en bonne route et s’améliorent d’année en année. Évidemment, voir l’Italie « dominer » les phases de poules de Coupes d’Europe a un côté plaisant, nostalgique. Quoiqu’il en soit, rien n’est fait et la Serie A a encore beaucoup à prouver cette saison en Europe, mais il est évident que le calcio est en train de redevenir le championnat passionnant qu’il a longtemps été.

 

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