David Trezeguet et l’Italie, un amour (im)possible ?

Il y a quelques jours nous fêtions les 41 ans de David Trezeguet, sans doute le plus grand attaquant de l’histoire de l’équipe de France, en compétition avec Thierry Henry. Tous les prétextes sont bons pour écrire sur des joueurs aussi grands et marquants que le Roi. Malgré un penalty manqué dans le moment le plus important de sa carrière, il reste un joueur phénoménal, incomparable. Meilleur buteur étranger de la Juventus, sauveur de l’Équipe de France en 2000, icône des bianconeri… Le Roi David n’est pas qu’un joueur qui a raté un penalty en finale de Coupe du Monde, c’est aussi une légende du football français… et italien. Retour sur la carrière pleine de coïncidences de ce mythique renard des surfaces.

1998 – 2000 : du rocher à Turin, un destin tout tracé

Tout commence un 1er avril 1998. Monaco s’apprête à disputer la première demi-finale de Ligue des Champions de son histoire. Dans cette équipe, le jeune David Trezeguet, 20 ans. L’adversaire ? La Juventus de Lippi, l’une des plus fortes Juve de l’histoire. L’équipe de Ligue 1 rentre donc sur la pelouse du Stadio delle Alpi, et joue un match qui scellera le futur de David Trezeguet. Les monégasques tiennent longtemps avant d’enchaîner les erreurs. Del Piero, Del Piero, encore Del Piero, puis Zidane. Quatre buts encaissés, et ce n’est pas le but de Costinha qui réussira à sauver l’équipe du naufrage. Trezeguet ne marque pas, et ne joue d’ailleurs pas très bien. Pourtant, son histoire était écrite.

Quelques mois après cette triste défaite, David croise à nouveau le chemin de certains bianconeri. Le 8 juillet 1998, la France et l’Italie s’affrontent en quarts de finale de Coupe du Monde. Le score est de 0-0 et le sort des deux équipes doit se sceller aux tirs au but. Trezeguet, lui, n’était pas initialement désigné comme tireur attitré, « mais comme les autres n’ont pas eu le courage d’y aller… (après le raté de Bixente Lizarazu, ndlr) » Il tire sans se poser de questions, marque, et redonne de l’espoir à l’équipe de France, qui se qualifie finalement en demi-finales, puis en finale, puis remporte sa première étoile. David est champion du monde, après avoir eu sa revanche contre certains italiens bianconeri.

Deux ans plus tard, à la fin du mois de juin de l’année 2000, le transfert de Trezeguet à la Vieille Dame semble déjà bouclé. Les médias l’annoncent partout : après 5 ans passés en principauté et 62 buts marqués en 125 matchs, Trezegol sera bianconero à la fin de l’Euro.

Le 2 juillet 2000 à Rotterdam en finale de l’Euro, le destin continue de plaisanter avec Trezeguet. La France et l’Italie s’affrontent une nouvelle fois en compétition internationale. Qui d’autre que David, renard des surfaces par excellence, pour sceller le sort de cette équipe ? Il entre en cours de jeu à la place de Youri Djorkaeff, lorsque la France est encore menée. Dans les tous derniers instants, à la 93ème minute, Trezeguet offre un caviar à Wilford, qui la met au fond. Les deux équipes filent en prolongation. C’est finalement à la 103ème minute, sur une superbe passe de Robert Pires, que David enchaîne sur une demi-volée du pied gauche et fusille la lucarne de Toldo. David Trezeguet devient le Roi.

2000 – 2010 : A la Juventus, une histoire plus blanche que noire

Trezegol passe 10 ans chez les bianconeri. Sa première saison est tonitruante. Malgré la concurrence de Kovacevic, Del Piero et Inzaghi, Trezeguet termine meilleur buteur du club en Serie A. La deuxième année, en 2001-2002, Trezeguet remporte son premier titre sous les couleurs bianconere : il est champion d’Italie. Avec 24 buts cette saison, il est d’ailleurs le meilleur buteur du championnat. Malheureusement, Trezeguet est touché par de nombreuses blessures, et lors des trois saisons suivantes il ne jouera « que » 70 matchs, marquant 42 buts. Il atteint tout de même une finale de Ligue des Champions en 2003, mais perd contre l’AC Milan. En 2006, la Juventus redescend en Serie B. Avec Nedved et ses coéquipiers italiens, Trezeguet décide de rester. Il en garde d’ailleurs un souvenir tout particulier, qu’il dévoile dans une interview donnée à la Gazzetta dello Sport en 2010.

« La remontée en Serie A, c’est ma plus belle victoire lors de mes dix ans sous le maillot bianconero. C’était une expérience de vie incroyable. Les tifosi nous ont considérés comme des héros parce que nous sommes restés »

En 2007-2008, il termine deuxième meilleur buteur du championnat juste derrière Del Piero. L’histoire derrière ce classement est unique en son genre. Le dernier jour du championnat, les deux joueurs sont à 19 buts chacun. Del Piero inscrit un but d’entrée de jeu contre la Sampdoria. Quelques minutes après, la Juve gagne un penalty que Del Piero refuse de tirer, pour laisser Trezeguet revenir à égalité avec lui. Il le transforme. Plus tard dans le match, un second penalty est accordé mais, cette fois-ci, Trezeguet tient à le laisser à Del Piero, tireur attitré. Ce dernier termine Capocannionere avec 21 buts, juste devant Trezeguet. La fin de sa carrière bianconera est moins brillante à cause de nombreuses blessures et de la venue de concurrents au poste de buteur. Néanmoins, lors de sa dernière saison en 2009-2010, David Trezeguet porte quelques fois le brassard de capitaine de la Juve.

Les chiffres de son passage à la Juve témoignent de son impact sur le club. En Coupe d’Europe, il marque 26 buts pour 39 matchs, avec un ratio de deux buts tous les trois matchs. Au total, il marque 171 buts avec le club, et double Omar Sivori, devenant meilleur buteur étranger de la Juventus.

2006 : L’Italie, bourreau du Roi

L’histoire est tragique. Car si Trezeguet sauve les français en 1998 avec une passe décisive pour Laurent Blanc qui marque le but en or contre le Paraguay, s’il est le seul à avoir l’audace de se lancer après le raté de Lizarazu et si c’est lui qui fait gagner la France à l’Euro 2000 grâce à une passe décisive et un but, le souvenir le plus récent que les français ont de Trezeguet, lui, est triste. Lors de la séance de tirs au but en finale de la Coupe du Monde 2006, Trezeguet frappe la barre, le ballon rebondit tout prêt de la ligne, puis remonte… mais ne rentre pas. Les italiens sont champions du monde pour la quatrième fois de leur histoire, alors que les Bleus repartent tristes après une Coupe du Monde exceptionnelle. Exceptionnelle, pour tous ? Non, pas pour David qui l’avoue lui-même, dans une interview donnée à Sky en 2008 : « Ce fut un mauvais mondial pour moi, du début à la fin. Je ne me suis jamais senti confiant, et ça s’est ressenti sur le terrain. » Les paroles sont dures, sèches, tristes. Trezeguet a laissé son ancien entraîneur, Marcello Lippi, s’imposer en Coupe du Monde. Quelques années avant, sous les ordres de Lippi avec la Juve, Trezeguet rate un tir au but en Ligue des Champions. Vous avez dit destin ?

Cette Coupe du Monde est la dernière compétition qu’il jouera avec les Bleus, puisque, malgré son ratio d’un but toutes les 121 minutes, le meilleur en Équipe de France, Domenech ne le sélectionne pas pour l’Euro 2008.

David Trezeguet, franco-argentin de naissance, s’est retrouvé lié à Del Piero et la Juve, à Lippi et à l’Italie de manière générale, plus ou moins malgré lui. Le destin l’a confronté de nombreuses fois aux mêmes joueurs, il s’en est même parfois grandement rapproché. Bourreau de l’Italie dans deux compétitions internationales de suite, la fête est gâchée et la revanche de l’Italie est prise en 2006 lorsqu’il rate ce fameux penalty. Néanmoins, Trezegol nous aura apporté plus de bons que de mauvais souvenirs, et reste, jusqu’à aujourd’hui encore, l’un des plus grands attaquants de l’histoire des Bleus, de la Juve et même de la Serie A. Le Roi n’est jamais mort, vive le Roi.

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