Inter : Mauro Icardi et Lautaro peuvent-ils jouer ensemble ?

Il aura suffi d’un but face à Cagliari pour (re)lancer le débat. Mauro Icardi et Lautaro Martinez doivent-ils être alignés ensemble en début de match ? Icardi est l’avant-centre de référence des Nerazzurri. Depuis 2013, il empile les buts (109 toutes compétitions confondues) et porte, souvent à lui seul, les inspirations offensives de son équipe. Son but face à Tottenham (2-1) en Ligue des Champions a confirmé son poids. Lautaro Martinez est arrivé cet été contre plus de 25 millions d’euros, conseillé par Il principe Diego Milito. Si l’Inter a pensé à l’avenir en arrachant ce prometteur buteur de 21 ans au Racing, dépenser une telle somme, pour un néo international argentin (1 sélection contre l’Espagne en mars), n’est pas anodin, surtout lorsque le fair play financier surveille vos comptes. Et alors que l’échec Gabigol pèse encore dans les esprits et sur les bilans… Comme le symbole de lui donner d’entrée le numéro 10. Alors, a priori, le oui s’impose pour répondre à la question liminaire.

D’autant qu’en dehors du terrain, le capitaine semble avoir pris sous son aile son compatriote dès son arrivée en juillet : entre invitations à des repas, à des après-midis dans sa piscine ou des blagues, comme pour l’anniversaire du « Toro » (son surnom).

Abondance de biens ne nuit pas. En ce sens, s’il est principalement utilisé seul en pointe depuis deux, trois ans, Icardi a été associé à Palacio ou Jovetic lors des premières saisons.

70 minutes ensemble en Serie A

D’ailleurs, Luciano Spalletti a entamé le championnat avec Lautaro en soutien d’Il Capitano au sein d’un 4-4-1-1 avec Asamoah milieu gauche. Résultat, une défaite 1-0 sur la pelouse de Sassuolo et peu de combinaisons entre les deux Argentins pendant 69 minutes. Lors de la seconde journée, face au Torino (2-2), le technicien toscan avait opté pour un 3-4-2-1. Mais – toujours privé de Radja Nainggolan – Ivan Perisic et Matteo Politano avaient été choisis pour soutenir Icardi. Martinez était entré dans le temps additionnel. 

Une lésion musculaire l’a privé des rencontres suivantes et des deux matches avec la sélection argentine de septembre. Après quatre parties à voir Icardi et Keita se relayer en attaque, son retour a donc été gagnant contre Cagliari. Mais Lautaro a été relancé à l’occasion d’une large revue d’effectif (comme Dalbert et Borja Valero), pour préserver Icardi en vue du déplacement à Eindhoven en Ligue des Champions (ce mercredi à 21h). Il en a profité en marquant un but d’avant-centre (12e) sur un service de Dalbert et en multipliant les courses. Malgré un manque de rythme, l’ancien attaquant du Racing, s’est démené pendant 90 minutes (25 ballons touchés, 4 récupérés, 2 tirs), offrant une balle de but non convertie par Candreva. Homme du match pour la Gazzetta dello Sport, qui lui a octroyé un 7 et titrant le compte rendu « nel sogno del Toro »

Déjà présente pendant l’été, la question de leur association a donc ressurgi. Le premier but en amical d’Icardi contre Sheffield était venu grâce à un lancement de Martinez vers Candreva. A Madrid, face à l’Atlético, Lautaro avait profité du travail d’Icardi pour marquer. Seulement, Luciano Spalletti a appuyé sur la pédale de frein après la victoire face aux Sardes.

« Ils peuvent jouer ensemble. Lautaro est un attaquant de pointe mais il peut aussi jouer derrière Mauro. Seulement, l’équipe ne peut pas se le permettre pour le moment. »

Intégrer le natif de Bahia Blanca (banlieue de Buenos Aires) dans le onze type obligerait l’entraîneur à remodeler son organisation tactique préférentielle, le 4-2-3-1 avec Nainggolan recruté pour évoluer en trequartista, comme il l’avait installé à la Roma. A défaut d’être transcendante, l’équipe gagne en ce moment. Quatre succès de rang toutes compétitions confondues et un retour à la 4 ème place de Serie A. Malgré tout, les solutions tactiques existent. Petit tour d’horizon.

Le 4-4-2 (ou 4-4-1-1) utilisé face à Sassuolo en est une, même si elle oblige Nainggolan à redescendre à côté de Brozovic. Une formule plus offensive, pas forcément en adéquation avec le style de l’Inter, qui peine à imposer son rythme, même face aux équipes de la seconde partie du tableau (50% de possession contre Cagliari et une ligne de récupération à 50 mètres). D’où la réticence « pour le moment » de Spalletti à passer à deux attaquants. Lautaro, même s’il sait redescendre, aller au pressing, n’a pas l’activité du Belge entre les lignes et à la récupération. Il n’a pas non plus un profil à la Insigne, replacé en ce début de saison derrière Mertens par Ancelotti au Napoli.

Point positif, Perisic et Politano (ou Candreva) ont les caractéristiques et la mentalité pour travailler sur les côtés.

Un 4-4-2 en losange avec Nainggolan derrière les deux Argentins est aussi séduisant. Brozovic en regista avec deux joueurs prêts à se sacrifier à ses côtés (Vecino, Gagliardini ou même Perisic et Candreva). Là aussi, un nouvel équilibre serait à trouver pour une formation habituée à combiner sur les côtés.

Ou alors passer en 3-4-1-2 (ou 3-4-2-1) avec Lautaro en soutien d’Icardi et Perisic, Politano ou Nainggolan pour compléter le trident offensif.

Avec trois défenseurs axiaux (tactique travaillée pendant l’été), imaginer Nainggolan plus bas, à côté de Brozovic, paraît moins risqué. Le Ninja, adepte des courses, pourrait venir se mêler à la ligne offensive derrière le capitaine interiste. Un module qui aurait l’avantage de proposer des solutions dans l’axe autour d’Icardi, qui est un pur neuf, adepte de la profondeur, et à moins passer par les côtés, le péché mignon des Nerazzurri lorsqu’ils peinent dans la construction. Asamoah et Vrsaljko (D’Ambrosio voire Candreva) ont le sens tactique et les qualités pour occuper tout le couloir.

De plus, D’Ambrosio, en fonction de l’adversaire, peut se mouvoir en axial droit, pour une défense à « trois et demi ». A tout moment, il peut glisser dans le couloir et l’équipe revenir en 4-2-3-1.

Avec le turnover obligatoire pour une équipe engagée en Champions League, les absences (blessures, suspensions) des uns et des autres, Spalletti est condamné à varier ses options. Icardi a déjà débuté deux rencontres sur le banc (Parme et Cagliari). Après la victoire contre la Fiorentina (2-1) mercredi, il a intégré six nouveaux joueurs face aux Rossoblù, samedi (2-0) mais a conservé son module tactique avec un seul attaquant.

Alors cette saison, faudra-t-il choisir entre Lautaro et Mauro ? Pour les « grands matchs », sans doute. « El Toro » permettra peut-être d’atténuer l’Icardi-dépendance interiste. Ce qu’Eder et Gabigol n’ont pas fait ces deux dernières saisons. D’ailleurs, dix joueurs ont déjà marqué (seuls Icardi et Perisic ont inscrit 2 buts), contre douze sur l’ensemble de la saison passée. Un premier bilan – comme ce premier but de Lautaro – qui demande confirmation.

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