Di Francesco vraiment coupable de la méforme de la Roma ?

Ce n’est une surprise pour personne les résultats de l’AS Roma sont plutôt décevants. Une victoire, deux nuls et une défaite sur le fil contre le concurrent milanais. Mais au delà de cela c’est l’absence totale de jeu qui est pointée du doigt, comme si l’équipe n’avait aucune envie sur le terrain. On sait combien en Italie lorsqu’une équipe ne joue pas bien très rapidement on parle de remplacer l’entraîneur. Mais est-ce vraiment de la faute de Di Francesco ?

La fausse illusion d’un Zeman moderne 

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Arrivé à la Roma comme un véritable maître du beau jeu en provenance de Sassuolo, Di Francesco n’a jamais vraiment réussi à transmettre sa philosophie à ses joueurs. Malgré ses bons résultats notamment en Ligue des Champions le beau jeu était perdu de vue. Vu comme un véritable maître du jeu offensif, Zdenek Zeman, voyait Di Francesco se présenter comme son digne héritier mais avec une vision plus pragmatique. Plus axée sur les résultats :  Zeman le dit lui même, Di Francesco est capable de produire son jeu, mais de manière plus équilibrée, et ça se ressent lorsqu’il s’agit de faire le bilan. Du moins cela se ressentait l’an dernier lorsque tout allait bien et quand la Roma était en pleine confiance et capable de faire tomber ses rivaux et de vaincre des mastodontes en Ligue des Champions (La Roma était la première équipe à faire tomber le Barca).

Cette philosophie était comme celle de son maître, celle du 4-3-3. Mais au delà de la formation comme il le dit lui même c’est l’idée de jeu qui prime et là encore les ressemblances avec Zeman sont évidentes. Tous deux prônent un jeu ultra offensif avec des latéraux très actifs qui débordent. On a pu voir Florenzi et Kolarov dans ce rôle la saison passée avec réussite. Mais cela bloque cette année. Le romain miné par les blessures vient de rater une partie du début du championnat et le Serbe n’a clairement pas le même rendement que l’an passé et cela peut se comprendre. Indéboulonnable en sélection le Mondial s’est ajouté à une saison extrêmement pleine où il n’y a quasiment pas eu de turnover pour lui. On peut se demander si cette année l’une des priorités n’aurait pas du être de lui trouver soit un remplaçant soit au moins une doublure. Car il est évident que si la Roma veut être compétitive sur trois tableaux différents un seul latéral gauche de haut niveau sera forcément insuffisant.

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Dans le même registre, la Roma avait un milieu de terrain imperméable l’an dernier, lui permettant de littéralement avaler celui du Barca en Ligue des Champions. Or le milieu de terrain est loin d’être le même désormais. Strootman s’en est allé à Marseille; Nainggolan à l’Inter ne reste plus que Daniele De Rossi. Pastore n’est pas capable d’assumer un rôle du milieu de terrain n’étant plus celui qu’on a connu à Palerme il y a sept ans. En manque cruel de compétition depuis son passage au PSG il est évident que son talent est toujours là, mais que son corps a du mal à suivre. Viennent se rajouter à ça ses vieux démons médicaux puisqu’il est déjà à l’infirmerie.

Lorenzo Pellegrini dont l’on prétendait qu’il ne lui fallait que du temps de jeu n’a fait que décevoir. C’est pourquoi on peut véritablement se demander si le problème n’est pas plus le moral de l’équipe : qui a complètement perdue sa confiance et sa cohésion notamment après le départ de Strootman. Mais aussi de recrutement. Toute une somme de joueurs capables d’évoluer sur le papier mais qui sur le terrain ne répondent pas présents. A la liste on peut évidemment rajouter Patrik Schick. Le Tchèque promis à un grand avenir, que tous les grands clubs d’Italie se sont arrachés, ne montre absolument rien lorsqu’il entre en jeu. Pire on l’a vu rater le but décisif face à l’Atalanta. Il y a là clairement pour ces joueurs un manque de prise de responsabilités qui ont tendance à se reposer sur leur réputation. Et il est évident que sans l’éveil de certains joueurs l’équipe ne pourra pas décoller. 

Quelqu’un pourrait-il vraiment prendre la suite ? 

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Le nom d’Antonio Conte a souvent été évoqué mais est-il vraiment l’homme juste pour la Roma ? Joueur emblématique de la Juventus grande rivale de la Roma de Zeman il n’est pas vraiment le type de personne qui a le soutien des supporters. De plus il n’apporterait pas vraiment de révolution dans le jeu. Proposant probablement encore plus de pragmatisme.. pas de quoi ravir les tifosi giallorossi. A l’inverse on peut penser qu’un homme comme Cesare Prandelli aujourd’hui entraîneur d’Al Nassr en Arabie Saoudite mais que l’on voit souvent rôder dans les différents publics de Serie A pourrait être une véritable alternative. Car avec sa défense à 3 il avait proposé de très belles choses avec la Nazionale -probablement la meilleure Nazionale depuis 2006- mais aussi avec la Fiorentina. Il avait également su tirer le meilleur de Daniele De Rossi en le replaçant parfois en défense centrale. Solution qui aujourd’hui pourrait également permettre de soigner les maux de la Roma dans ce secteur car avec un Fazio décevant, un Manolas en dessous de son rendement de l’an dernier et un Marcano ne semblant pas pouvoir bousculer la hiérarchie, la Louve n’a pas fini de trembler lors des assauts adverses.

Pour conclure il est difficile de pointer du doigt la particulière culpabilité de Di Francesco dans cette crise, il s’agit d’un problème plus structurel lié notamment à la politique de la direction sportive qui a misé sur des jeunes joueurs en pensant qu’ils allaient exploser mais n’ont pour l’instant montré aucun signe n’allant dans cette direction. Ceci couplé à une perte terrible de momentum liée au départ de Kevin Strootman qui a miné le moral des joueurs et a fait disparaître l’équipe que nous avons connus l’an dernier et qui avait été encourageante après le premier match contre le Torino. Mais comme tout pays passionné il n’est pas à exclure que si les choses s’améliorent dès ce dimanche contre Bologna la gronde populaire envers Di Francesco et plus particulièrement la direction sportive, se calme. Au vu du nombre impressionnant de systèmes de jeu tentés et de joueurs déplacés à différents postes on est en droit de se demander si l’entraîneur a vraiment  trouvé la bonne recette pour servir sa potion mortelle à ses adversaires.

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