Au Dall’Ara dans les pas de Mancini

Un premier match en compétition officielle, là où tout avait commencé. Ce vendredi soir, Roberto Mancini était de retour au Stadio Renato Dall’Ara en tant que sélectionneur. Lui qui avait rejoint Bologna à 13 ans, qui avait disputé sa première rencontre professionnelle à 16 ans. Le 6 septembre 1981, lors d’un Bologna – Reggina de Coppa Italia, suivi sept jours plus tard, de la découverte de la Serie A, toujours au Dall’Ara face à Cagliari (1-1). Une saison en Serie A avec Bologne, 9 buts en 30 rencontres. Insuffisant pour éviter la première relégation des Rossoblù. La Sampdoria enrôlera le prometteur trequartista, pas encore majeur, pour 4 milliards de lires. Mancini y passera quinze saisons. Les plus belles de la Samp : champion d’Italie 91, 4 coupes d’Italie, 1 coupe des coupes en 90.

Mancio avait aussi disputé sa première rencontre avec la Nazionale en Italie à Bologne. Le 8 octobre 1986, une entrée en jeu contre la Grèce, sa troisième sélection après deux parties en Amérique du Nord deux ans plus tôt.

Chaudement accueilli

Cette fois, ce vendredi, face à la Pologne, il était sur le banc du vétuste mais charmant stadio Dall’Ara, en costume cintré, chaussures brillantes, la mèche bien coiffée. Nommé commissaire technique en mai 2018, l’incendie du barrage suédois de novembre encore fumant, à 53 ans, après 17 années à entraîner en Italie (Fiorentina, Lazio, Inter) et ailleurs (Manchester City, Galatasaray et Zenit). A son actif de sélectionneur, déjà trois rencontres amicales, au printemps, pendant que les autres préparaient leur été russe : une victoire contre l’Arabie Saoudite (2-1), un revers en France (3-1) et un nul contre les Pays-Bas (1-1), autre absent de la Coupe du monde.

Ce match contre la Pologne, auteur d’un Mondial sans saveur, marquait le début des choses sérieuses avec cette nouvelle Ligue des Nations. Le lancement du voyage de la “Mancitalia” comme a titré la Gazzetta dello Sport au matin de la rencontre. Une liste de 31 joueurs pour voir des jeunes pendant 10 jours. Et la première sélection sans champion du monde 2006. « Jouer mon premier match officiel avec l’équipe nationale ici sera une émotion particulière, avait admis le C.T. la veille, en remerciant ses entraîneurs de l’époque, Marino Perani et Tarcisio Burgnich, deux personnes très importantes dans ma vie. J’ai hâte de retrouver la chaleur des tifosi bolognais ». Le public qui a chaudement ovationné son Roby, notamment la Curva Bulgarellì, lors des compositions des équipes.

Le nouveau sélectionneur a promis de reconstruire, de proposer « un jeu offensif de la première à la dernière minute », de « prendre des risques ». Ses choix, un 4-3-3 avec Gagliardini et Pellegrini en mezzala, Balotelli en pointe. Des options qui n’ont pas été payantes. Il a sorti Pellegrini pour Bonaventura à la pause afin de donner un peu plus de créativité à une équipe logiquement menée 1-0. De même, l’entrée en fin de partie de Chiesa, en forme en ce début de saison avec la Fiorentina, a apporté du jus, de la profondeur par ses appels, de l’imprévisibilité au jeu des Azzurri. L’ailier a même provoqué le penalty de l’égalisation.

Toujours debout

Si Brzeczek, le sélectionneur polonais, n’a pas arrêté de bouger, de crier – à la Conte -, Mancini était plus calme. A l’observer, depuis la tribune, on ressent de la sérénité. Le sentiment qu’il souhaite certainement transmettre à ses joueurs. Il est quasiment resté toute la partie debout, les bras croisés, à la limite de sa zone technique. Par moments, il replaçait par des gestes, donnait des consignes. Souvent, il réclamait un bloc plus haut. Et puis il n’a pas lâché le grand Mario, lui demandant de déclencher des appels, d’être plus disponible. Il le connaît par cœur, il l’a lancé à l’Inter, l’a relancé à Manchester City.

Seulement, Balotelli, avec une préparation tronquée (mercato) et un seul match joué en ce début de saison (suspension), n’avait pas les la condition pour lutter avec Glik et Bednarek. Et il n’a pas affiché une grande combativité (12 ballons et 1 tir en 61 minutes). Comme à sa sortie, à 0-1, en boitillant et en marchant, sous un mélange de sifflets nourris et de quelques applaudissements, en ignorant son sélectionneur. Un peu plus tard, Insigne a été remplacé en courant et en venant taper dans la main de Mancini. L’attitude, encore et toujours…

Pas super, Mario…

En rappelant Balotelli dès sa prise de fonction, en le titularisant pour ce premier match officiel, Mancini a pris un risque. Avec Super Mario, ce n’est jamais neutre… Seulement, si Belotti et surtout Immobile sont performants en club depuis deux ans, ils peinent en Nazionale. Balotelli, lui, sait être décisif dans les matches à enjeu (11 de ses 14 réalisations avec la Squadra Azzurra ont été en matches officiels). Ce vendredi, avec cette copie aussi terne pour sa 36 ème sélection, l’attaquant de Nice va laisser un énième débat s’ouvrir. Et son sélectionneur sera au centre, à devoir le défendre, se défendre. Il a commencé après la partie : « Mario a eu un petit problème (musculaire) mais il a seulement besoin de jouer. On n’est pas déçu par lui, mais on est déçu de ne pas avoir gagné. Mario a une épaisseur internationale et il doit trouver une meilleure condition. Il pouvait jouer 50 minutes. »

Que fera Mancini au Portugal lundi ? Un nouvelle chance pour Balo ou une autre option offensive ? « On verra mais une chose est certaine, on cherchera à prendre les 3 points.»

Déjà, un penalty de Jorginho, a permis d’éviter la défaite ce vendredi soir. Le milieu qui était désigné par le staff pour tirer. Insigne a même bondi du banc pour montrer le 5 (numéro de Jorginho) de la main. 1-1. Au coup de sifflet final, le sélectionneur italien est allé saluer son alter ego, puis il a rejoint ses joueurs pour remercier le public, qui, après l’interview à la Raï, l’a raccompagné sous des applaudissements. Il rêvait de plus belles retrouvailles avec son Dall’Ara.

Il aura l’occasion de se rattraper. D’ailleurs, c’est comme si la Fédération avait choisi les stades pour lui. Le 10 octobre, les Azzurri joueront en amical face à l’Ukraine au stade Luigi Ferraris de Gênes où il a marqué tant de buts. Puis le 17 novembre contre le Portugal, ce sera à San Siro où l’entraîneur a notamment décroché 3 Scudetti et 2 Coppa Italia avec l’Inter. Mais tout ça, c’est le passé. Son passé. S’il veut durer sur le banc de la Nazionale au delà des éliminatoires de l’Euro 2020, Mancio va devoir gagner dans un futur proche. Même avec la 21 ème nation au classement FIFA, qui reste sur un succès lors des huit dernières rencontres (4 nuls et 3 défaites), la patience aura des limites. Le poids des 4 étoiles sur le maillot.

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