L’énigme Andrea Belotti : l’année ou jamais ?

A l’aube du coup d’envoi de la saison 2018/2019, Andrea Belotti devrait rester un joueur du Torino, après déjà trois années passées chez les granata. Il Gallo, qui a suscité l’intérêt de nombreuses grandes équipes italiennes et européennes au cours des deux dernières années, semble avoir un train à prendre. Un train qui lui permettrait de rentrer dans le gotha des attaquants européens.

L’éclosion

Après ses débuts en professionnel en Serie B à l’Albinoleffe durant la saison 2012/2013, c’est à Palermo que Belotti commence à se faire un nom. Une belle année 2013/2014 en Serie B avec dix réalisations, puis une plus mitigée en Serie A l’année suivante. Pour cause, la concurrence féroce de Paulo Dybala et de Franco Vazquez à la pointe de l’attaque. Il Gallo découvre le plus haut niveau et marque tout de même les esprits. A tel point que le président du Torino, Urbano Cairo, décide de débourser huit millions d’euros pour l’enrôler en août 2015.

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Aux côtés de Paulo Dybala sous les couleurs de Palermo

C’est avec un nouveau statut qu’il arrive au Torino. Andrea Belotti est vu par beaucoup d’observateurs et de tifosi comme un futur grand attaquant. Son adaptation est pourtant lente et progressive. Sous les ordres de Giampiero Ventura, il n’inscrit qu’un seul but lors de la première partie de saison. Puis vient le déclic : en grande forme et en confiance, il marque à douze reprises entre janvier et la fin du championnat. Avec l’arrivée de Sinisa Mihajlovic et d’un jeu résolument tourné vers l’offensive, l’année 2016/2017 de Belotti est un grand cru. Aguerri physiquement et tactiquement, il entre parfaitement dans les rouages mis en place par son entraîneur et s’en va claquer une saison à trente-deux buts. Il se murmure qu’un nouveau phénomène a éclos, et toute l’Europe ou presque lui fait les yeux doux.

Vient la saison 2017/2018, celle qui devait être la saison de la confirmation. Après deux mois de rumeurs qui l’envoyaient en Angleterre ou encore au Milan, Il Gallo dispute finalement le championnat sous les couleurs du Torino. Fraîchement nommé capitaine, l’Italie toute entière a les yeux rivés sur celui qui pourrait être la relève offensive de la Nazionale. Comme souvent lorsqu’il s’agit de répéter une grande saison, la tâche est ardue. Le Torino a beaucoup de difficultés dans le jeu, Sinisa Mihajlovic ne réussissant plus à imposer sa patte. En plus de ces difficultés, des soucis physiques impactent fortement le rendement de Belotti, qui semble avoir perdu tout ce qui faisait sa classe : moins froid devant le but, moins performant en pivot, moins intéressant au pressing… Les saisons des granata et du Gallo vont de pair : elles sont en apparence ratées. Après le limogeage de l’entraîneur serbe, Walter Mazzarri fait son retour sur le banc du Torino. Ce qui permet à l’ensemble de l’équipe et notamment à Belotti de retrouver de la confiance et des résultats légèrement plus probants. Andrea Belotti finit la saison avec dix buts en championnat, quatorze toutes compétitions confondues.

Cette saison 2017/2018 semble être caractéristique d’un mal symptomatique qui touche le football italien : la difficulté à réitérer une bonne saison après en avoir effectuée une excellente. Des exemples, nous en avons une liste non-exhaustive, notamment pour ce qui concerne des joueurs offensifs. D’abord, il faut remettre en perspective la saison de Belotti. Elle fut mauvaise comparée à la précédente, mais réussir à inscrire dix buts en championnat dans une équipe à la peine en termes de jeu et de résultats n’est pas une mince affaire. Ce qu’il faut comprendre, c’est qu’un joueur offensif dépend très souvent d’une dynamique offensive générale. Notamment quand on est le point de référence dans la surface de réparation, et que l’on ne participe pas à la création du jeu, comme c’est le cas pour le Gallo Belotti. Si le rendement global d’une équipe est mauvais d’un point de vue collectif, il sera alors quasi impossible pour un attaquant pur de sortir du lot. C’est cette frustration qu’a vécue Andrea Belotti au cours de la saison 2017/2018. Il faut ajouter à cela la difficulté à passer la frontière entre être un bon attaquant de Serie A, et aspirer à devenir un grand attaquant : comme nous l’avons énoncé précédemment, beaucoup de joueurs sont restés embourbés dans cet entre-deux. Ce sera maintenant à Andrea Belotti de prouver qu’il a vraiment l’étoffe des grands.

Partir, oui ; mais pour quelle destination ?

belotti

La question qui se pose aujourd’hui, accompagnée des nombreuses autres interrogations liées à ce joueur, est de savoir s’il serait dans son intérêt de quitter le club granata. Si les offres pleuvaient après sa remarquable année 2016/2017, elles ont été rares durant ces deux mois de calciomercato. Pour causes : tout d’abord, de nombreux clubs ont été refroidis par le rendement moins impressionnant du joueur l’année passée. La crainte est qu’Andrea Belotti n’ait été que le tube d’une saison, qu’il ait été sur un petit nuage et en surrégime pendant une année entière et qu’il soit désormais incapable de réitérer ses performances. Deuxièmement, il va contre l’intérêt du club et de son président de vendre son joueur cet été. D’abord parce qu’il se priverait d’un joueur important, capitaine et leader, mais surtout parce qu’il le vendrait à l’heure où sa valeur marchande a nettement baissé. Si les offres dépassaient les cinquante millions d’euros à l’été 2017, elles sont aujourd’hui bien loin de ce chiffre. Qui plus est, le mercato étant désormais fermé côté arrivée, le Torino serait dans l’impossibilité de le remplacer bien que Simone Zaza soit arrivé au club. De plus, il nous semble que cela va également à l’encontre de l’intérêt du joueur. Sportivement, il serait intéressant pour lui de déménager uniquement s’il rejoint les rangs d’un grand club. Etant un joueur allant vers ses vingt-six ans, un club de transition vers le très haut niveau n’est pas forcément une idée alléchante pour lui. Son intérêt semble se trouver dans le fait de rester une saison supplémentaire au Torino et de réussir à confirmer qu’il peut être un très grand numéro neuf. Avant d’aller hypothétiquement faire les beaux jours d’une équipe jouant la Ligue des Champions et, espérons-le, de guider l’Italie vers de nouveaux sommets. C’est en ce sens que la saison 2018/2019 va sûrement être l’année ou jamais pour l’attaquant de pointe granata. S’il veut dépasser le statut de bon attaquant de Serie A et tutoyer les grands du football, il se doit de confirmer les espoirs placés en lui par les tifosi du Torino et par l’Italie toute entière. Une Italie toujours à la recherche d’un attaquant de pointe de calibre international. Le profil atypique d’Andrea Belotti, loin des standards actuels du neuf moderne, peut se révéler d’un grand intérêt. A voir quelle équipe saura le comprendre et l’utiliser à bon escient.

 

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