Gattuso, l’année de tous les défis

Arrivé l’année dernière au secours d’un projet milanais moribond, Gennaro Gattuso a très vite pris ses marques et permis à l’AC Milan se finir à une place européenne. Mais celui que beaucoup voyaient à tort ou à raison comme un simple lieutenant de mission commando peut-il s’avérer être au final un stratège de génie ? L’avenir, nous le dira, et Gattuso aura pour le démontrer une multitude de défi à surmonter.

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Retrouver les hauteurs de la Serie A

Voilà cinq ans que l’AC Milan n’a pas terminé sur le podium de la Serie A ; en effet, la dernière fois que l’on a vu les milanais finir à l’une des trois premières places du championnat italien, c’était lors de la saison 2012-2013, ce qui pour un club de la dimension de Milan, est une grave anomalie. La première mission de Gattuso cette saison sera de permettre au club lombard de finir à l’une des trois premières places du championnat et ainsi de redorer un blason rossonero en mal de brillant ces dernières saisons. Pour ce faire, la régularité des victoires sera un élément crucial ! Car calculé sur les six dernières saisons, il faut en moyenne 25 victoires à une équipe italienne pour finir sur le podium de Serie A. Terminé donc les multiples victoires ridicules des rossoneri contre des équipes bien moins équipées par faute d’organisation tactique ou par maladresse. Pour obtenir le podium cette saison, Gattuso devra faire de son groupe une machine intraitable capable d’enchaîner les victoires sans que l’engrenage ne se grippe au cours de l’aventure. De plus, le podium au-delà de son caractère symbolique fort à un aspect sportif et économique non négligeable : la Ligue des Champions ! Aussi lucrative que glorieuse, Gattuso ne pourra pas passer à côté de cette dernière, car après les événements de cet été, elle est un élément incontournable du nouveau projet milanais, à la fois pour ses juteux droits télés, mais aussi par le prestige d’y participer, permettant alors d’attirer des joueurs de classe mondiale au sein de l’effectif, car ces derniers – à l’instar du monument footballistique qu’est l’AC Milan – ont besoin des grands matchs européens pour exister.

La gloire européenne

Cette année, Milan est engagé en Europa League. Petite sœur de la prestigieuse Ligue des Champions, elle n’en demeure pas moins d’intérêt et sera un vrai test pour Gattuso. Comment va-t-il gérer la superposition des matchs d’Europa League avec ceux de championnat ? Comment son Milan va-t-il se comporter face aux grosses écuries qu’il rencontrera inévitablement sur sa route ? Autant de questionnements sur lesquels l’homme fort de du groupe milanais devra lever le voile. Cette coupe d’Europe sera pour lui l’occasion de chasser en dehors de son arrière-cour italienne afin de se mesurer au gratin des coachs européens ; car on le rappelle, les équipes finissant à la troisième place de leur groupe en Ligue des Champions ne seront pas éliminées, mais reversées en Europa League, ce qui garantit des affiches alléchantes à Milan et des oppositions de très hautes intensité à Ringhio.

Une finale ou une victoire de Milan dans la compétition amorcerait son retour sur la scène européenne à la façon  de l’Atletico Madrid qui s’était servi de sa victoire dans la compétition lors de l’édition 2011-2012 comme base pour ses succès futurs. De la même façon, une victoire de Milan lors de l’édition à venir redonnerait du lustre au club lombard qui pourrait s’en servir comme rampe de lancement vers des sommets plus hauts et c’est là le deuxième grand défi Gennaro Gattuso. Pour ce faire, la direction milanaise lui a donné de belles armes qu’il pourra faire valoir en Italie, comme dans le reste de l’Europe.

Les armes de Gattuso

Nous avons vu deux des grands défis qui attendent Gattuso, mais une question vient en tête : comment peut-il arriver à ses fins ? Premièrement, grâce à un effectif de qualité ! Le technicien italien dispose de deux attaquants fiables sur lesquels il peut compter : Patrick Cutrone, auteur d’une excellente saison dernière (18 buts en 46 matchs pour une première saison en professionnel) et surtout, de l’argentin Gonzalo Higuain, l’ancien homme à tout faire de l’attaque turinoise sera l’homme fort du groupe de Gattuso ; capable d’inscrire entre 25 et 30 buts par saison et de servir le collectif comme il l’a fait aux ordres de Massimiliano Allegri, ce sera lui l’arme numéro une des milanais cette saison. Avec ces deux-là, les rossoneri pourront compter sur leur maître à jouer Giacomo Bonaventura qui comme d’habitude sera le cœur et le cerveau de cette équipe.

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Higuain aux couleurs milanaises

Autour de ces trois meneurs se trouveront pléthore de jeunes talents ne demandant qu’à éclore pour faire rugir le lion milanais ; parmi eux, Davide Calabria, Andrea Conti, Alessio Romagnoli et Mattia Caldara en défense pour assurer solidité et intelligence tactique. Au milieu, Franck Kessié – sorte de N’Golo Kanté ivoirien – au milieu pour le combat et les ballons à récupérer, et Hakan Çalhanoğlu sur la ligne d’attaque pour apporter la vitesse et le brin de folie nécessaire à toute équipe. Tous sont annoncés comme de futurs excellents joueurs, et beaucoup (Caldara, Conti, Çalhanoğlu) l’ont démontré par le passé dans leurs précédents clubs ! Gattuso devra compter sur ses capacités de meneur et son immense expérience du football de haut niveau pour faire progresser ces jeunes, qui pourraient bien être les hommes décisifs dans l’opération de reconquête enclenchée à Milan cette saison, et ceci sera sa troisième et plus importante mission.

Construire l’avenir

Comme on l’a vu, Gennaro Gattuso dispose de beaucoup de jeunes joueurs appelés à avoir un grand destin dans le football mondial. Cependant, avant d’en arriver là, ces derniers devront passer par une phase de progression et d’apprentissage du haut niveau, et ce sera là la mission principale l’entraîneur milanais. Il devra impérativement faire progresser ses joueurs afin de créer une histoire, de fonder un groupe solide projeté vers l’avenir qui sera la base de futurs succès. Il faudra pour le club éviter les catastrophes industrielles que furent des joueurs comme André Silva, Andrea Bertolacci ou Mario Balotelli ! Et ce pour deux raison : tout d’abord car les finances de Milan sont encore fragiles et ne supporteraient pas des méventes consécutives à un échec sportif de ces jeunes, et également car cela retarderait grandement le développement d’un Milan qui cherche à retrouver la lumière après cinq années passées dans les abysses du football italien et européen. Tous ces jeunes talentueux sont l’avenir de l’AC Milan, et parmi les tâches impératives incombant à Gattuso lors de son mandat lombard, poser un pont entre aujourd’hui et l’avenir sera son plus grand chantier et une partie de sa crédibilité passera par là. Il en a les qualités, jusqu’à une certaine limite…

Forces et faiblesses de coach Gennaro

Pour réussir toutes ces missions qui l’attendent, Gennaro Gattuso pourra compter sur plusieurs qualités lui ayant été salvatrices la saison passée. Tout d’abord, son fort tempérament, Gattuso est connu pour être un homme sanguin au caractère bien trempé, ce trait de sa personnalité lui évitera les déboires de vestiaire que l’on a pu voir chez le jumeau interiste durant la période Frank de Boer, ce qui sera nécessaire notamment pour se faire obéir auprès de jeunes joueurs pouvant avoir les chevilles qui enflent. Avec cela, le coach milanais est doté d’une immense capacité à mener des hommes ! Thuram au lendemain de la défaite de l’équipe de France le disait à travers le moment ayant suivi le but de Zidane en finale avec ces mots :

J’ai entendu un hurlement incroyable de Gattuso, qui a dit : « On va le faire ! On ne peut plus perdre ces duels là. Dégagez ces ballons ! » Il avait les yeux du diable… Je crois qu’on a perdu la Coupe du Monde à ce moment. L’Italie est devenue un mur insurmontable, et nous avons commencé à avoir peur. Gattuso savait que la majeure partie des Français avaient compris ses mots, mais ça ne l’inquiétait pas du tout. Tout le monde parle de Grosso, Buffon, et Cannavaro qui ont fait une Coupe du monde incroyable, mais l’âme de cette équipe, c’était Gattuso. Il avait une grinta et un tempérament capable d’unir quatre équipes.

Cela a toujours été sa grande force et sa qualité première humainement. Elle lui permettra de mobiliser ses troupes et d’en tirer le maximum lors des inévitables moments compliqués à venir. Mais cela suffira-t-il ? Car si Gattuso est un meneur naturel « capable d’unir quatre équipes » comme le disait Thuram, il reste un tacticien que l’on peut qualifier de moyenne gamme appliquant des systèmes rudimentaires, ce qui exclut donc tout sens stratégique comme on le retrouve chez Massimiliano Allegri ou Luciano Spalletti par exemple, et lorsqu’il se retrouvera face à des génies tactique en quart ou en demi-finale de l’Europa League, ou dans les grandes affiches de Serie A, ce sera indéniablement une faiblesse majeure qui peut coûter très cher. Alors tout comme son équipe, Gennaro Gattuso devra progresser également, car c’est la condition sine qua non pour accomplir toutes les missions qui lui incombent cette saison. Bonne chance Rino.

@OsxSts

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