Joao Cancelo : quels atouts pour la Juventus ?

Après que l’Inter n’ait pas levé l’option d’achat de Joao Cancelo cet été, la Juventus s’est appropriée le joueur portugais pour une somme avoisinant les 40 millions d’euros. A seulement 24 ans, le latéral a déjà connu trois championnats : la Liga NOS, la Liga et la Serie A. Le joueur originaire de Barreiro a jusqu’ici démontré une grande capacité à s’acclimater aux nouveaux environnements: suffisant pour être déterminant à la Juve ?  Deuxième latéral le plus cher du monde, le néo-bianconero espère aider la Vieille Dame à atteindre ses objectifs nationaux et européens.

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La fiche de Joao Cancelo :

Il s’agit ici d’un joueur plutôt délicieux à analyser car ses qualités surpassent à notre sens ses défauts. D’abord, quelques informations sur les capacités physiques du joueur. Joao Cancelo est un joueur à la musculature très sèche. Même si ce n’est pas réellement apparent, il s’agit d’un joueur pouvant avoir un gros impact physique. Le portugais sait jouer de son corps pour assurer dans les duels au sol et ceux aériens : il possède la force physique nécessaire pour aller au contact sans crainte. Bien sûr, la Serie A ne demande pas les mêmes capacités physiques que le football anglo-saxon. C’est cependant un point qui reste important dans le football moderne, et qui en Ligue des Champions se révélera crucial. D’autre part, sa morphologie lui permet de mettre en avant de très nombreux atouts : son explosivité et son accélération sont favorisées par cette condition physique. Il possède une très bonne vitesse de pointe et une endurance remarquable. Encore très jeune et n’ayant pas été abîmé par les blessures au cours de sa carrière, Joao Cancelo peut enchaîner les matches et répéter les efforts sans difficulté pendant les 90 minutes. Une condition physique optimale qui au cours d’une saison où la Juve disputera plus de cinquante matches aura son rôle à jouer.

Un des éléments les plus importants lorsque l’on évolue sous les ordres de Massimiliano Allegri, c’est de savoir défendre. Joao Cancelo a-t-il les qualités pour entrer dans les rouages défensifs de la Vieille Dame et saura-t-il respecter ces mêmes schémas défensifs ? A priori, cela ne devrait pas être un problème. Habitué au travail tactique italien, notamment lors de son passage à l’Inter sous le joug de Luciano Spalletti, c’est un latéral qui – fort heureusement – sait défendre. C’est un joueur qui est déjà adapté à la défense à quatre, puisqu’il a évolué de cette façon à Valence et à l’Inter. En premier lieu, ses capacités physiques lui permettent d’être compliqué à passer en un contre un. Son explosivité et sa rapidité lui permettent de rarement être pris de vitesse, et de réagir rapidement s’il se fait dribbler. Ces mêmes qualités le rendent capable d’effectuer les replis défensifs sans sourciller, et de les répéter. Doté d’un fort QI football, c’est aussi son excellent sens du timing qu’il faut mettre en avant. Bien souvent, il ne doit même pas affronter son vis-à-vis en un contre un parce qu’il a su intercepter la passe. Il sait se positionner lorsqu’il défend et intervenir au bon moment. Cette capacité à se trouver sur les lignes de passe et à intervenir dans les pieds de son adversaire sera d’ailleurs sans aucun doute d’une grande utilité pour le jeu de la Juventus dans les transitions offensives : premier récupérateur, il a également les qualités techniques pour être le premier relanceur.

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crédits Juventus.com

Outre ses qualités physiques et défensives, c’est justement par celles techniques que Joao Cancelo a le plus impressionné. Le jeune portugais est un joueur extrêmement technique, à fortiori par rapport au poste qu’il occupe. C’est un joueur qui est très sûr de lui balle au pied, qui sait avancer sans peur en ayant la possession du ballon. Il est doté d’une excellente conduite de balle et d’une vision du jeu au-dessus de la moyenne. Ces différents éléments en font un dribbleur exquis, très intéressant dans les petits périmètres. Tout cela lui confère une efficacité offensive remarquable et une forte capacité à prendre des initiatives offensivement. Son très bon pied droit fait de lui un excellent centreur. Joao Cancelo fait partie du top 3 des joueurs ayant le plus centré la saison passée, avec un pourcentage de passes réussies à hauteur de 85%. Une qualité qui pourrait être un véritable atout afin de servir au mieux Cristiano Ronaldo dans la surface, lui qui domine souvent des adversaires dans le jeu aérien. Le latéral portugais sait utiliser son intelligence de jeu et ses qualités pour jouer en triangle avec ses partenaires et attaquer la profondeur, ce qui très souvent lui permet de se retrouver dans des positions favorables pour centrer. Il sera très probablement un atout pour le jeu d’Allegri également du fait de son positionnement : habitué à mordre la ligne de touche, le jeu très latéral de la Juventus ces dernières années bénéficiera de sa présence pour étirer les équipes et favorisera les phases de possession.

Comment Massimiliano Allegri va-t-il façonner son joueur ?

L’entraineur toscan de la Vieille Dame est un technicien qui au cours des années a habitué ses joueurs à être modelés et façonnés pour entrer au mieux dans les dynamiques collectives. Cela a été le cas pour Alex Sandro, Dani Alves, Miralem Pjanic ou encore Mario Mandzukic… Du fait de ses qualités tactiques et de sa capacité d’adaptation, le même sort sera probablement réservé à Joao Cancelo. Comme nous l’avons dit précédemment, le latéral portugais n’aura aucun souci d’adaptation à la Juventus. Les bianconeri peuvent remercier Luciano Spalletti, qui a intégré l’ancien joueur de Valence très progressivement dans le collectif nerazzurro. Titulaire à partir de décembre, Joao Cancelo a ensuite disputé les 90 minutes de chaque match de l’Inter à partir de février. Un joueur rodé et en rythme.

Durant la tournée américaine de la Juventus, Joao Cancelo a été parmi les joueurs les plus utilisés par Massimiliano Allegri. Au cours des trois matches, ce dernier a souvent modifié sa position sur le terrain, notamment en cours de rencontre. Contre le Bayern Munich lors du premier match amical, il a débuté la rencontre comme ailier droit. Quelques points ont été intéressants à tirer de cette prestation : le latéral portugais tentait au maximum d’étirer les lignes défensives bavaroises en restant très proche de la ligne de touche. Joao Cancelo a durant cette rencontre constamment cherché le un contre un et le centre. Un rôle qui favorise donc son habilité dans les dribbles et la déstabilisation de l’adversaire. Dans ce même match, il a été décalé à gauche dès la vingtième minute. Position qu’il a su gérer de la même manière, mais dans laquelle une forte relation technique s’est installée avec Alex Sandro. Ce qui facilitait les transitions rapides de la Juve et la fluidité du jeu en général. Cela a également permis de n’offrir aucun point de référence aux adversaires, les deux joueurs échangeant continuellement leur position. Exactement de la même manière qu’il jouait à droite, il a eu pour consigne de mordre la ligne de touche et de rester très excentré. Dans cette configuration, Joao Cancelo avait la possibilité de rentrer sur son pied naturel, le droit, pour arriver à une position de frappe. Il a également profité de cette position large sur le terrain, à droite comme à gauche, pour tenter de se faire oublier dans le dos de la défense, profiter des espaces dans la profondeur et tenter de se faire trouver libre au second poteau sur les centres. Un apport offensif qui était donc constant, mais le latéral portugais n’a aucunement négligé la phase défensive. Replis, redoublements sur le porteur, nombreux efforts défensifs… Une prestation qui a démontré la palette complète du joueur de la Vieille Dame.

La tournée américaine a donc permise à Massimiliano Allegri de comprendre quel était le degré d’adaptation de Joao Cancelo sur le terrain, et de quelle manière il pourrait impacter le plus positivement possible le jeu de la Juventus. Les fortes qualités techniques, physiques et tactiques de Joao Cancelo ont été très intéressantes à observer dans la perspective de la saison à venir : un joueur capable d’interpréter un même rôle de plusieurs façons, mais surtout un joueur n’ayant aucunement la crainte de recevoir le ballon et de le gérer.

Le portugais reste donc un joueur qui est habitué à coller la ligne de touche, et cela correspond parfaitement à ses qualités. Adepte des allers-retours sur son côté, il sera sûrement très intéressant de le voir cette année rentrer dans le cœur du jeu. Exactement de la même façon qu’Allegri avait modifié les habitudes de jeu de Dani Alves, la possibilité de voir Joao Cancelo évoluer sur la ligne du milieu de terrain est concrète. Non plus seulement en débordement sur le côté, mais également en rampe de lancement capable de repiquer vers le centre du jeu. Dans cette configuration, les quelques manquements techniques pouvant survenir dans le milieu de terrain de la Juventus, où seul Pjanic semble pouvoir surnager techniquement, seraient possiblement comblés. De cette façon, Miralem Pjanic pourrait trouver un relais intéressant au milieu de terrain, capable de dialoguer dans les petits espaces et de dicter le rythme du jeu.

Cette situation pourrait d’autant plus se présenter si, comme il se murmure depuis le retour de Leonardo Bonucci à la Juventus, Massimiliano Allegri choisissait de repasser à la défense à trois. Comme nous l’avons vu la saison passée, le numéro 19 des bianconeri semble être plus facile à déstabiliser dans une charnière à deux centraux. Une fragilité qui pourrait pousser Allegri à utiliser durant certains pans de la saison un 3-5-2 ou un 3-4-3. Dans ce système de jeu, libéré de certaines tâches défensives comme la gestion de la profondeur adverse (couverte par le troisième défenseur central) et possiblement plus haut sur le terrain, Joao Cancelo trouverait plus de libertés offensives et de phases de jeu courtes avec les milieux et les attaquants. Du pain béni au vu de ses qualités techniques et de son apport offensif.

Joao Cancelo se révélera sûrement être un atout de taille pour la Juventus cette année, comme il l’a été pour l’Inter l’an passé. Bien qu’il n’ait pas exploité au maximum son potentiel et qu’il ait une ample marge d’amélioration dans différents aspects du jeu – le fait de ne pas avoir de sautes de concentration et de rester dans le match pendant les 90 minutes, ou encore le fait de devoir apprendre à trouver de nouvelles solutions de jeu pour ne pas devenir trop prévisible : face à une défense très bien organisée, le un contre un ou la recherche constante de la percée sur le côté pour arriver à une situation de centre ne fonctionnent pas toujours. Ce sera le rôle de Massimiliano Allegri de maximiser l’apport de son latéral et de trouver des solutions intéressantes à apporter pour le jeu de la Juventus. Et nous sommes persuadés que l’entraîneur toscan s’est déjà, à quelques jours du début du championnat, bien trituré les méninges.

 

Source : http://www.juventibus.com

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