Lorsque la Sampdoria était un grand d’Europe

Christophe Colomb, vous vous rappelez surement de vos cours d’histoire, mort à Valladolid et né dans une ville qui nous intéresse tout particulièrement : Gênes. Un autre nom est connu en France, de par son alliance avec Marseille et son histoire : La Sampdoria. L’Unione Calcio Sampierdarenese-Doria ou plus communément « Sampdoria » est une des équipes les plus jeunes de notre cher calcio. Née de la fusion de deux équipes gênoises : La Sampierdarenese Calcio (fondée en 1911) et l’Andrea Doria (fondée en 1900) elle devient Sampdoria, le 12 aout 1946 après un accord entre les deux équipes de Gênes. La Baciccia (pêcheur génois stylisé avec une barbe, le beret, la pipe et les cheveux au vent) allait devenir un logo connu et redouté de tous dans la période que je vais ici vous présenter. La période Paolo Mantovani

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Banderole à l’effigie de Paolo Mantovani

Je vous emmènerai en Serie A et jusqu’au Scudetto”, La volonté d’un président

Il existe des jours qui bouleversent une existence : le 3 juillet 1979 en fait partie. Paolo Mantovani riche pétrolier romain nomme à la tête de Doria un des meilleurs directeurs sportifs de l’époque, Claudio Nassi. Dès son arrivée Paolo Mantovani fait une promesse. Il prononce une profession de foi qui deviendra légendaire pour bon nombre de supporters blucerchiati : « Je vous emmènerai en Serie A et jusqu’au Scudetto » Moqué par les médias, le premier objectif du président fut atteint 3 ans plus tard. Au terme de la saison 1981 – 1982 la club de Gênes, alors sous la houlette de Renzo Ulivieri est promue en Serie A. C’est le début d’une décennie dorée. Le premier objectif est certes atteint mais l’ambitieux Mantovani en veut davantage. C’est le graal qu’il avait promis : le Scudetto.

Pour son retour en Serie A, la Paolo Mantovani voit les choses en grand. C’est l’occasion d’améliorer son effectif avec des internationaux comme Liam Brady (alors à la Juventus) ou Trevor Francis, vainqueur deux années de suite de la prestigieuse coupe des Champions avec Nottigham Forest en 1979 et 1980. Mais parmi ces recrues se tient surtout un jeune joueur : Roberto Mancini. Rapidement la Sampdoria se hisse au niveau des équipes les plus en vue du Calcio. Dès 1985, elle gagne la coupe d’Italie face au Milan de Berlusconi grâce aux buts de deux très jeunes joueurs : Mancini et Vialli. Passée l’ère Eugenio Bersellini, Mantovani confie les clés du camion à un ancien joueur : Vujadin Boskov. D’autres joueurs arrivent, comme le romain Cerezo et un talent de Bologne, le gardien de but Gianluca Pagliuca. La Samp devient un subtil mélange entre anciens, représentés par Pietro Vierchowood et jeunes cracks, déjà internationaux, tels que Mancini et Vialli.

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Roberto Mancini et Gianluca Vialli

De l’importance des coupes

Dans une Serie A à 16 joueurs les Hommes de Boskov galèrent. Elle remporte toutefois une deuxième Coppa Italia en 1988 contre le Torino puis une troisième en 1989. Les places d’honneur s’enchaînent mais la Samp devient surtout un grand d’Europe. Lors de la saison 1988-1989, Doria se frotte à la Coupe des Coupes. Après avoir battu Norrkopping puis Iena, les joueurs de Mantovani obtiennent le droit de jouer le premier quart de finale de son histoire, face au Dinamo Bucarest. Les gênois se qualifient grâce à une de leurs pépites, Gianluca Vialli, buteur sur une des seules occasions de la Samp, dans un match verrouillé. Il envoie alors les siens en demi, face au tenant du titre : Le FC Malines de Preud’Homme. Vialli est venu, a vu et a vaincu. Une défaite 2-1 à l’aller donnera lieu à un cinglant 3-0 au retour. La Samp est proche du rêve. La dernière étape restait encore à passer : le FC Barcelone de Johan Cruyff.

Affaibli par les absences de Vierchowood et Carboni, les valeureux gênois perdent de surcroît Moreno Mannini, son défenseur, sur blessure dès la 24ème minute. La défaite est sévère : 2 buts à zéro. L’équipe de Mancio finit avec une honorable médaille d’argent mais pourra tenter de prendre sa revanche la saison suivante, grâce à une victoire en Coupe d’Italie, à l’occasion d’une finale remportée contre le Napoli de Diego Maradona en finale de coupe d’Italie.

Le président doriano recrute tour à tour Srečko Katanec et Attilio Lombardo. Un stratège et un offensif droit qui casse les lignes comme personne. Ainsi renforcée, les vice champions d’Europe reviennent avec l’objectif de gagner cette fois-ci. SK Brann, Dortmund, le Grasshoper de Zürich et Monaco (coaché alors par Arsène Wenger) tombent face à l’armada blucerchiata. Le rêve est de nouveau proche. Le dernier obstacle est cette fois-ci Anderlecht. Le match est rude, le sauveur est toujours le même : Gianluca Vialli qui inscrit un doublé en deux minutes. La Sampdoria est ainsi championne d’Europe. Consécration ? Pas encore dans la mesure où les Hommes de Mantovani en veulent plus, afin de concrétiser la promesse de scudetto.

L’apogée d’un projet

En cette saison 1990-1991, la concurrence est rude. La Juventus de Roberto Baggio, la Roma de Giuseppe Giannini et le Napoli, tenant du titre sont autant d’ogres sur sa route. La machine de Boskov tourne et résiste aux deux monstres milanais, dans la continuité d’une victoire de légende, 3 buts à 1 face à l’Inter. Dans un championnat ou le top 5 semblait intouchable, les Doriani l’ont fait avec la manière. 28 points sur 30 possibles face au Big 5. Meilleur attaque, capocannoniere avec Vialli (19 buts), la Sampdoria a matérialisé le rêve de Mantovani.

La dernière étape

Luca Pellegrini capitaine historique du club quitte le navire, les « Gemelli del Gol » (Mancini et Vialli) sont eux toujours présents. La Sampdoria remporte la Supercoupe d’Italie face à la Roma mais c’est en Ligue des Champions qu’elle va se faire remarquer. Dans un nouveau format, les champions d’Italie en titre parviennent en phase de poules, après avoir éliminé Rosenborg et le club hongrois de Honved. La poule est relevée. La Samp y retrouve, l’Etoile Rouge de Belgrade, sacrée l’année précédente contre le frère Marseillais, Anderlecht et le Panathinaïkos. Les génois font honneur à leur standing de champions d’Italie, prennent la première place du groupe A et se hissent en finale pour défier une vieille connaissance : Barcelone, favorite, équipe dominante portée par des joueurs aguerris comme Ronald Koeman ou d’authentiques génies tels Hristo Stoichkov.

20 Mai 1992 19H15

Si proche et pourtant si loin. La finale offre une opposition de style. D’un côté la conservation catalane, théorisée par Cruyff, de l’autre, la science du contre à l’italienne. Les Blaugrana butent de nombreuses fois sur un Pagliuca des grands soirs. Vialli lui n’est pas loin d’ouvrir le score. Hélas, à la 111ème minute, Bakero décale Sacristan. Lanna en retard, commet faute. Coup franc. Ronald Koeman s’élance pour le tirer. La suite nous la connaissons.

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Guardiola est bien sur cette image (avec des cheveux)

Le FC Barcelone remporte la Coupe des Clubs Champions pour la première fois de son Histoire. C’est un tournant dramatique pour la Samp. Le président Mantovani décède deux années plus tard et la Sampdoria rentre dans le rang. Elle descend même en Serie B (1999) ou elle y restera quatre saisons. Aujourd’hui en Serie A sous la présidence de Massimo Ferrero les joueurs de Giampaolo sont de nouveau une équipe qui compte. Reconnue pour son beau jeu, elle rêve de continuer à grandir : pour accomplir le dernier rêve de Mantovani. On ne peut que l’espérer.

Des hommes, une histoire

Qui dit grande équipe dit grand joueur. Ne pas parler d’eux serait insultant. Commençons par ce qui a fait la gloire de la Sampdoria, les Gemelli del Gol : Roberto Mancini – Gianluca Vialli, les deux hommes possèdent un style assez différent mais d’une complémentarité légendaire. Un « fantasista » autour de la « prima punta », Mancio est la pierre angulaire de l’animation offensive de son équipe. Charismatique, leader technique, l’actuel sélectionneur de la Nazionale aura régalé le club gênois sur ses 15 ans passés au club. A ses côtés, un attaquant complet, Gianluca Vialli, vitesse, force physique, finition, Lucagol a la palette parfaite du capocannoniere qu’il remportera en 1991 (année du scudetto).

Dernier rempart de cette équipe, Gianluca Pagliuca, leader indiscutable d’une défense redoutable l’international italien aura fait partie de la colonne vertébrale de la Sampdoria aux côtés de Pietro Verchowood ou encore Attilio Lombardo. Dans la vie, il y a des chauves au semelle de vent , des poètes avec une tête en forme de caillou, en parlant d’Attilio Lombardo comment ne pas parler de l’homme qui gagnaient du terrain presque aussi vite que sa calvitie. Popeye c’était un homme de confiance dans une équipe de confiance, sans avoir besoin d’épinard il finira sa carrière avec 19 sélections en Nazionale. Pour terminer je voulais m’arrêter sur le capitaine, Luca Pellegrini. Loin du foot bling bling, Luca c’est l’homme timide d’un vestiaire. L’Homme timide qui change un vestiaire, leader charismatique d’un vestiaire soudé. Il restera comme LE Capitaine de la plus grande équipe de l’histoire de la Sampdoria.

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