Edito : FIGC, l’heure de la révolution

Il y quelques mois de ça déjà je poussais un coup de gueule contre la FIGC, l’instance dirigeante du football italien et son inaction sur la question du racisme. Aujourd’hui cet immobilisme est encore une fois mis en lumière par la vague de faillite qui touche les clubs des divisions inférieures du Calcio.

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Pour résumer brièvement la situation, trois clubs de Serie B (Avellino, Cesena et Bari) et trois de Serie C (Reggiana, Andria et Mestre) se sont vu refuser une inscription à leurs championnats respectifs. La FIGC et la Covisoc (pour Commissione di Vigilanza sulle Società di Calcio Professionistiche), l’instance de contrôle financier du football italien, ont en effet estimés que ces clubs ne pouvaient être au prochain exercice en raison de leur situation financière désastreuse (endettement, retard de salaire, …). Pour ces six clubs, le futur est hautement incertains, le meilleur des scénarios serait un retour au statut amateur, en Serie D, mais ces clubs pourraient aussi purement et simplement disparaître s’ils ne trouvent pas des fonds rapidement. Aujourd’hui, ce sont donc six clubs historiques qui risquent d’être rayés de la carte du football italien à cause de l’incompétence des organes dirigeants.

Ces problèmes sont le résultat de plusieurs années de mauvaise gestion des clubs de Serie B et C. Les premiers responsables sont la FIGC et la Covisoc qui, pendant des années, ont fermés les yeux sur les problèmes financiers de certains clubs qui étaient pourtant de notoriété publique. On ne peut, par exemple, décemment penser que la Covisoc n’était pas au courant, avant ce mois-ci, des 73 millions d’euros de dettes accumulées par Cesena au cours des dernières années et qui ont provoqué la banqueroute du club. La faillite de l’AC Parma, monument du football Italien qui cumulait près de 220 millions d’euros de dette en 2015 aurait dû servir d’avertissement. Mais non, la FIGC s’est complu dans l’inaction et le copinage et n’a pris aucune mesure de contrôle pour éviter que cela ne se reproduise. Alors que les autres championnats ont renforcés leurs règles ces dernières années, à l’image de la DNGC française, la FIGC, elle, n’a absolument pas agit.

Aujourd’hui, elle se trouve donc face au mur et a décidé de prendre des mesures chocs en excluant ces clubs des championnats de Serie B et C. Ainsi, les tifosi sont les premières victimes de l’immobilisme qui règne au sein de l’instance dirigeante du football italien depuis 10 ans et se trouvent désemparés face aux déboires de leurs clubs, à l’image de ce tifoso en larme suite à l’annonce de la faillite de la Reggiana.

Mais ces exclusions, bien que spectaculaires, ne serviront à rien si elles ne sont pas accompagnées par des réformes sur le long terme pour assurer la pérennité financière des clubs italiens. Ce dont la FIGC et la Covisoc ont besoin, ce sont de règles claires et intransigeantes pour éviter que les cas de Bari et Cesena ne se reproduisent. Il faut aussi accompagner les clubs encore en difficulté dans la gestion de leurs finances pour éviter les faillites. C’était notamment ce que proposait les deux candidats à la présidence de la FIGC avec Damiano Tommasi, avec la mise en place d’une Licenza Nazionale et Gabriele Gravina avec un système de notation des clubs. Malheureusement, Les dernières élections pour la présidence de la FIGC se sont soldées par un échec. Après quatre scrutins consécutifs, aucun des candidats n’a été élu, et le CONI, (le Comité Olympique italien) a dû nommer en urgence Roberto Fabbricini, comme commissaire extraordinaire à la tête de la FIGC.

En bref, le constat est clair. Pour sauver le football italien, c’est toute la structure qui doit être modernisée, repensée, sur les plans économiques et sportifs, et ce dans les plus brefs délais. L’échec de la Nazionale en barrages de la dernière Coupe du Monde avait déjà mis en lumière les problèmes structurels du Calcio et avait entraîné le départ de Carlo Tavecchio, président de la FIGC. Les faillites à répétition de ces derniers jours viennent à nouveau tirer la sirène d’alarme. Le départ de Tavecchio n’était qu’un début il faut maintenant se débarrasser de toute la nomenklatura qui a fait tant de mal au football italien depuis des années.

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