Existe t-il un problème Sarri ?

Mis à pied le 23 mai dernier de son poste d’entraîneur du SSC Napoli par Aurelio De Laurentiis qui le fit savoir dans un tweet laconique, Maurizio Sarri est désormais libre de tout contrat. Lui qui a transcendé l’effectif napolitain par le déploiement d’un jeu salué et admiré dans toute l’Europe devait donc normalement être un des entraîneurs les plus demandé du mercato. Or il n’en est rien, seul Chelsea semble avoir été intéressé. Annoncé un temps à Londres, les Blues ont finalement fait machine arrière avant de revenir à la charge. Alors quel est le problème de Sarri ? Explications ici.

maurizio-sarri.jpeg

Un bilan plus qu’honorable

Arrivé sur le banc du Napoli le 11 Juin 2015, Maurizio Sarri avait tout pour plaire, napolitain de naissance, amoureux, voire dictateur du beau jeu, il collait parfaitement à ce que souhaitait le patron du club azzurro, j’ai nommé Aurelio De Laurentiis. De plus, ses excellents résultats à la tête de sa précédente équipe,  Empoli, qu’il emmène en Serie A après six saisons passées dans la division inférieure et transforme littéralement des joueurs comme Mirko Valdifiori en excellent joueurs ! Ce dernier, à l’instar de bien de ses coéquipiers, ne retrouvera même jamais son niveau d’alors suite au départ du technicien napolitain vers sa cité de naissance. Le voici donc au Napoli, avec l’objectif de remporter un Scudetto derrière lequel courent les azzurri depuis 1990, et très rapidement, celui-ci, par l’apprentissage et la mémorisation mécanique de séquences de jeu qu’il impose à son groupe, met en place un football léché et virevoltant qui séduit bien au-delà de la Botte. Plus que de séduire, ce jeu où l’individu à l’obligation de se mettre au service du collectif, transcende un effectif où les joueurs de classe mondiale (Gonzalo Higuain, Marek Hamsik, Jorginho, Kalidou Koulibaly) furent pourtant rares. Grâce à ce jeu pratiqué, il fait de Naples l’une des meilleures équipes d’Italie et le principal outsider de la dominatrice Juventus, à ce titre il finira deux fois deuxième et une fois troisième. Au cours de ses trois saisons avec l’équipe napolitaine, Sarri empochera 260 points en championnats (82 en 2015-2016, 87 en 2016-2017, et 91 en 2017-2018) fera marquer à son équipe la bagatelle de 251 buts (80 en 2015-2016, 94 en 2016-2017 et 77 en 2017-2018)  et sera à chaque fois dans le podium des meilleures défenses du championnat (2ème en 2015-2016, 3ème en 2016-2017 et 3ème en 2017-2018). Mais malgré ces réussites, des échecs demeurent…

Les limites du Napoli de Sarri

Si les Napolitains se souviendront toute leur vie du sublime football et des très beaux résultats qu’obtint Sarri à la tête de leur équipe, son départ laisse un goût amer à leur bouche. Car, bien qu’il fut un entraîneur prolifique à bien de égards, il n’est jamais parvenu à remporter le moindre titre en trois saisons avec les partenopei. Son palmarès est blanc comme neige, ce qui donne un aspect inachevé à son aventure napolitaine. La question du pourquoi se pose, en effet, pourquoi un entraîneur si brillant n’est-il jamais parvenu à faire gagner la moindre coupe à son équipe ? Et bien tout d’abord, parce que Maurizio Sarri est un entraîneur unidimensionnel, il ne conçoit le football que dans une seule approche qu’il considère comme étant la seule qui vaille d’être mise en pratique, ce qui dans les matchs de très haute volée se transformant en partie d’échec, son dogmatisme devient un poids dans le duel stratégique l’opposant aux meilleurs tacticiens de ce monde. Rajouté à ce caractère unidimensionnel, Sarri s’avère difficilement enclin à faire tourner son équipe, à Naples, on a très très souvent vu et revu le même onze au fil des semaines, ce qui a eu pour cause d’épuiser un groupe où tous les postes avaient pourtant été doublés, ce qui dans la course au titre s’avéra fatal. Ces deux grandes limites eurent pour conséquence un effrontément ponctuel dans les moments cruciaux de la course aux trophées, ce qui généra une grande frustration et provoquera des interrogations sur la capacité de l’homme à glaner des trophées. Mais pire que ses limites footballistique, ses limites humaines sont les plus grandes tares du technicien napolitain.

Sarri, un entraineur trop « old-school »

Si tout le monde s’accorde à dire que Maurizio Sarri est un génie, il est aussi largement admis que ce dernier présente quelques défauts pour le football d’aujourd’hui. Tout d’abord son allure. Au milieu de tous ces coachs fringants et aseptisés en costume de grands créateurs, notre napolitain fait tâche avec ses survêtements, ses cigarettes au bec et ses cheveux en batailles. En ça, Sarri ressemble bien plus à un entraîneur du XXe siècle qu’au standard de notre époque, tant dans l’apparence que dans ses sorties médiatiques. Car s’il est un domaine où ce dernier a fait parler de lui, c’est bien celui-ci ! En 2016 par exemple, lors d’un Inter-Napoli pour le compte de la Coupe d’Italie, Maurizio Sarri s’emporte et dans un mouvement de colère insulte le coach interiste Roberto Mancini de « tapette » et de « pédé » ce qui fait entrer ce dernier dans une colère noire. Face à la polémique, Maurizio, pour seule défense, rétorquera : « Suis-je homophobe ? C’est exagéré, je suis juste un peu irritable. » Mais il écopera tout de même de 2 matchs de suspension. Nouveau dérapage à l’issu d’un match nul (0-0) catastrophique pour la course au titre, Sarri repond ceci à une journaliste lui demandant si le titre avait été perdu : «  Tu es une femme, tu es jolie, c’est pour ça que je te dis que je te dis pas d’aller te faire foutre. »  Classe. De ce fait, le technicien napolitain s’est collé l’image d’un homme sanguin, incontrôlable et irrespectueux à travers l’Europe malgré son génie footballistique, ce qui gêne aujourd’hui la suite de sa carrière.

Et maintenant ?

Dans ce football moderne, où l’apparence compte quasiment autant que les résultats, les dérapages et l’allure de Maurizio Sarri ne laissent pas de marbre, et les équipes sont quelque peu refroidies par le personnage qu’est cet homme, comme Chelsea par exemple. Le luxueux club londonien bien que très intéressé par les compétences de l’ex homme fort du Napoli se trouve quelque peu gêné par le passé tumultueux de Sarri ; ce club, qui s’est taillé l’image d’une firme classieuse et respectable est difficilement encline à salir son image par un coach incontrôlable. Néanmoins, les rumeurs semblent indiquer que les Blues, n’ayant pas de solution alternative, seraient prêts à laisser une chance au napolitain en oblitérant son passé.

Sarri est donc à un moment charnière de sa jeune carrière au très haut niveau, il peut, soit rester tel quel, et alors il devra espérer qu’un jour, un club se fichant de l’image qu’il dégage – soit la très large minorité – décide de lui confier un projet ambitieux, ou alors, il peut changer, mettre de l’eau dans son vin, et alors il pourra viser le sommet du football européen et se voir confier les destinées des très grandes écuries européennes telles que Chelsea ou autre. A lui de voir…

@OsxSts

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s