Andrea Agnelli: «On veut tous plus de matchs européens et moins de matchs domestiques»

Andrea Agnelli, président de la Juventus depuis 2010 et élu président de l’ECA (European Club Association) en septembre 2017, s’est livré au média britannique The Guardian sur sa vision du football européen, de son évolution et de son projet pour le réformer.

agnelli_eca-chairman

Nommé à la tête de la Juventus en 2010 à l’âge de 34 ans, Andrea Agnelli est l’un des grands artisans de la renaissance de la Vieille Dame qui a tout raflée en Italie depuis, 7 Scudetti consécutifs, 4 Coppa Italia, 3 Supercoupes et a également atteint deux fois la finale de Ligue des Champions. Mais les activités footballistiques d’Agnelli ne se limitent pas à la Juve, il veut réformer le football européen, lui donner plus d’exposition, au détriment même des championnats nationaux et la domination bianconera en Serie A joue actuellement en sa faveur.

« On veut tous plus de matchs européens et moins de matchs domestiques avec une baisse du nombre de matchs de championnat. Qu’il s’agisse de Manchester United, Real Madrid, Juventus, Legia Varsovie ou Anderlecht, on veut tous avoir plus d’exposition à l’international pour développer nos marques. »

Une vision très élitiste et oligopolistique d’un football qui laisse de moins en moins de place au « petit poucet » ainsi qu’aux épopées sportives mais une vision qui n’est pas dénuée de sens quand on voit les écarts entre les Droits TV de la Premier League (1,95 Milliards d’€, 2016-19) et de la Serie A (945 millions d’€, 2015-18), « En Serie A, le produit n’a jamais été aussi faible » dit-il, consolider le football européen et le mettre au centre des débats serait une façon d’homogénéiser le haut du panier en atténuant ces écarts inter-championnat afin de proposer un spectacle, puisque c’est ce que le football est devenu, d’un niveau toujours plus élevé.

Agnelli propose de garder 32 clubs en Ligue des Champions mais avec 4 groupes de 8 au lieu de 8 groupes de 4, ce qui signifierait que chaque club jouerait au moins 14 matchs européens, soit 8 de plus qu’actuellement en poules mais il faudrait que cela soit accompagné d’une baisse du nombre de matchs en championnat par le biais d’une diminution du nombre de clubs dans l’élite de chaque pays membre de l’UEFA ainsi qu’une harmonisation des dates de mercato et de l’arbitrage.

NB: Le modèle actuel de la Ligue des Champions a été validé pour une période allant jusqu’en 2024, aucune réforme n’aura lieu avant.

« On pourrait dire que tous les clubs qui participent à la Ligue des Champions (dans ce nouveau format, ndlr.) devraient jouer leur championnat avec 6 joueurs U21 ou U23, mais c’est uniquement du brainstorming, il n’y a pas de réel projet pour le moment. »

Bien évidement ce modèle – prémices d’une Superleague – est critiqué par certains pour son élitisme européen d’autant plus qu’il est mis en avant et soutenu par les clubs déjà au sommet sportivement et surtout économiquement, chose à laquelle le président de l’ECA répond: « Je pense que si l’on trouve un terrain d’entente, on peut discuter avec les fédérations, les associations européennes, l’UEFA et les clubs, je pense que c’est l’évolution normale du football. »

« Peu importe ce que tu proposes dans le football, tu n’auras jamais 100% de soutien. Le but est de réunir les parties prenantes du football, de s’asseoir et de discuter. Il y a actuellement des problèmes dans l’équilibre concurrentiel, on veut en discuter, ça serait sous les auspices de l’UEFA. »

Le dirigeant italien de 42 ans est fortement opposé à Gianni Infantino (président FIFA) et son plan pour la Coupe du Monde des Clubs 2025, réunissant 24 équipes, dont 12 européennes, les 4 derniers vainqueurs de la Ligue des Champions ainsi que les finalistes et les 4 mieux classés au Ranking UEFA, 4,5 clubs d’Amérique du Sud, 2 africains, 2 asiatiques, 2 nord-américain, 0,5 d’Océanie (play-off entre Amérique du Sud et Océanie pour une place) ainsi qu’un club du pays hôte, sous forme de 8 groupes de 3, chaque premier se qualifie pour les quarts, matchs de 90 minutes et éventuels tirs aux buts, pas de prolongations. Un projet qu’Andrea Agnelli pense pas assez réfléchit: « C’est trop important pour le futur du football pour qu’on se lance à l’aveugle. C’est évident que si on va voir les clubs en leur disant: « Voulez vous jouer pendant quelques semaines pour gagner en moyenne 150M€ » leur réponse sera oui. » 

Il a d’ailleurs un avis très tranché sur Gianni Infantino et la FIFA: « La FIFA devrait être un organe directeur sur les bonnes pratiques, et non sur la création de coentreprises commerciales avec des investisseurs inconnus. » en référence au consortium inconnu qui couvrirait le projet de la Coupe du Monde et de la Ligue des Nations à hauteur de $25 Milliards.

 

 

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s