Roberto Mancini : Première pierre d’un nouvel édifice

Ce n’était plus qu’une question de temps, c’est désormais officiel Roberto Mancini est devenu ce lundi 14 mai 2018 le nouveau sélectionneur italien. Pendant son expérience  en Russie du côté de Saint-Pétersbourg, le natif de Jési avait fait part d’une volonté ardente, d’être à la tête de la squadra azzurra maintenant que cela est chose faite, l’ex-entraîneur du Zénit va devoir faire face à un grand chantier. En effet l’Italie pleure toujours l’humiliation subite face à la Suède, une historique non-qualification à la Coupe du Monde qui a soulevé d’énormes questions. C’est au technicien de 53 ans que relève la lourde tâche de redorer le blason du football italien.

Un choix bis

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Si Mancini a été nommé, il semblerait qu’il n’ait pas été le premier choix de la FIGC selon les différents médias. Après le limogeage de l’ex-sélectionneur Giampiero Ventura, certains noms sont revenus avec insistance et surtout les noms de Carlo Ancelotti et d’un certain Antonio Conte, mais les deux techniciens ont semblé préféré se tourner vers de nouvelles aventures en club. Suite à ces refus, sont apparus les noms de Claudio Ranieri l’actuel entraîneur du FC Nantes, et Roberto Mancini qui à l’époque était le coach du Zenit Saint-Pétersbourg, et c’est vers le plus jeune des deux que s’est tournée la fédération italienne. Un coach, où l’on peut distinguer dans sa carrière, 2 étapes, une première remplie de succès et une seconde plus encline aux critiques, avec des choix sportifs pour le moins surprenants.

Une carrière riche en succès mais aussi en critiques

Roberto Mancini est un coach qui a eu l’honneur de diriger de très grandes équipes dans chaque pays où il est passé, que ce soit en Italie, en Angleterre, en Russie ou bien en Turquie. Une carrière que l’on peut qualifier de bipolaire, tant ses débuts ont été glorieux et couronné mais ses dernières expériences démontrent des échecs en séries et laisse proie aux doutes.

D’excellents débuts remplis de promesses avec l’émergence d’un gagnant

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S’il y a bien quelque chose que l’on ne peut pas enlever à ce coach, c’est qu’au cours de sa carrière il a gagné de nombreux de trophées et surtout à ses débuts.

Sa carrière de coach débute à Florence, où il prit les reines de la Viola en février 2001, une première expérience que l’on peut considérer comme ratée puisqu’il n’y restera qu’une année. Malgré cet échec les dirigeants laziale décident de lui donner une chance en le nommant coach, et c’est en 2002 que l’ex-attaquant de la Lazio prit la responsabilité du club avec lequel il a été champion en 2000 et a passé trois années de sa carrière. Ce n’était pas n’importe quelle équipe, c’était celle qui, deux années auparavant avait remporté le Scudetto (auquel Roberto Mancini a participé), un club surtout submergé par des problèmes financiers qui ont fortement impacté la stratégie laziale. Néanmoins les biancocelesti pouvaient toujours compter, dans leurs rangs, sur des joueurs comme Dejan Stankovic, mais aussi sur des légendes du club Giuseppe Favalli. De quoi mettre une pression énorme sur les épaules du technicien italien, mais en deux saisons passées à Rome il affichera un bilan honorable compte tenu du contexte, une première année qui se soldera sur une quatrième place et une seconde année qui se soldera sur une sixième place, bonifiée par une victoire en coupe d’Italie. En 2006 l’ex-attaquant de la Sampdoria prît les commandes de l’Internazionale, une grande étape dans sa carrière, au cours de ses quatre années du côté de Milan il remportera sept trophées, dont trois Scudetti d’affilés en ayant sous ses ordres des icônes telles que Javier Zanetti, Adriano, Zlatan Ibrahimovic etc. Suite à son aventure lombarde,  le néo-sélectionneur italien s’est fait un nom et s’est imposé aux yeux de tout le monde comme l’un des meilleurs coachs italiens, ce qui lui a valu d’être courtisé. En 2009 séduit par le tout nouveau projet émirati, l’ancien coach de l’Inter s’est engagé en faveur de Manchester City où il restera durant plus de quatre ans. EN Angleterre Roberto Mancini glanera des trophées dont le fameux championnat en 2012 acquis sur un but d’Aguëro dans les dernières secondes de l’ultime journée. En 2014, il succédera à Fatih Terim à Galatasaray en y restant pendant une saison où il remportera la Coupe Nationale.

Une grande partie de sa carrière de coach a été couronnée de succès, en ralliant tous ces grands joueurs côtoyés à son discours, il a su remplir en grande partie les objectifs pour lesquels il avait été engagé dans ses différents clubs. Cependant ces dernières années, le coach italien semble avoir perdu son fluide, son discours ne semble plus passer et cela se voit sur ses choix de carrière et ses résultats.

Une série d’échecs répétés : Un coach opportuniste ou une mauvaise passe ?

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Le titre peut paraître provocateur pour certains, et totalement avéré pour d’autres, il est vrai que le sélectionneur cristallise de nombreux doutes sur sa carrière.

Ces doutes ont commencé à s’accroître surtout après son retour qui s’est soldé par un cuisant échec à l’Inter. Après son année à Istanbul, Mancini fit son retour en 2014 du côté des nerazzurri, eux qui cherchaient à retrouver la gloire, en choisissant leur ex-coach, les dirigeants de La Beneamata affichaient leurs intentions en choisissant celui qui a remporté trois scudetti d’affilés. En deux saisons l’Inter de Mancini ne fera pas mieux qu’une huitième et une septième place, résultat plutôt embarrassant pour un club du standing de l’Internazionale. Il sera démis de ses fonctions suite à cette lourde débâcle. Un revers qui mettra un coup à sa cote, elle qui était élevé auparavant. Sa toute dernière aventure était en Russie, où il rejoignit le prestigieux Zénit St-Pétersbourg, une saison vide qui ressemblerait presque à l’image de ses dernières saisons avec l’Inter. Son unique saison se soldera par une cinquième place, et une élimination par la petite porte en huitième de finale d’Europa League. On remarque que lors de ces récents naufrages ses effectifs étaient vraiment moins garnis que les effectifs qu’il a connu auparavant, de quoi faire parler les mauvaises langues à son sujet.

Roberto Mancini aura connu différentes expériences, diverses et variées, où le verre aura été à moitié plein, des titres que ce soit avec l’Inter ou Manchester City, mais d’un autre côté des prestations indigentes dans les compétitions européennes qui font tâche vu les sommes que les dirigeants lui allouaient pour étoffer son effectif surtout en Angleterre. Ainsi est-il alors un opportuniste ? Difficile de nier que Mancini  a longtemps profité de conditions favorables, avec des effectifs pléthoriques, des importantes sommes d’argent mais surtout de très grands joueurs et même parfois des légendes. Par conséquent il est impossible de le considérer comme l’un des top managers à l’échelle mondiale ou même italien mais il est aussi difficile de nier que s’il a enchaîné les bancs prestigieux depuis le début de sa carrière d’entraîneur c’est qu’il y a forcément une raison.

La Nazionale : une belle à réveiller

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Si l’échec de la non-qualification en Coupe du Monde a résonné aussi fort en Italie, c’est qu’elle a mis fin à des années d’aveuglement en mettant en évidence les carences du football italien.

Les derniers échecs de la Nazionale ont toujours été masqué par un « résultat » par exemple la finale à l’Euro 2012 a masqué le cuisant échec de 2010, le quart de finale inespéré lors du dernier Euro a masqué la contre-performance de 2014. Cela fera le troisième mondial d’affilé qui se soldera par un naufrage, les éliminations en poule de 2010 et 2014 et la non participation à celle qui arrive le mois prochain constituent une vraie désillusion. L’équipe nationale est malade depuis des années et semble fermer l’une de ses pages avec le probable départ de Buffon. C’est au nouveau sélectionneur qu’incombe la responsabilité de réveiller cette belle endormie, car l’Italie ne peut pas continuer à afficher une telle faiblesse au niveau mondial.

Les objectifs

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Les différents consultants savaient que la tâche pour le futur sélectionneur allait être lourde et chargée, avec la désillusion face à la Suède tout a été remis en cause, mais on ne s’attendait pas un chantier si compliqué. Il ne s’agit pas là uniquement pour Roberto Mancini de venir et simplement sélectionner 23 joueurs, cela va au delà de ça. Il s’agit de présenter un projet, un fil conducteur qui va permettre à l’Italie de renaître petit à petit. L’un des problèmes principaux souvent cité lors de la débâcle de San Siro était une Italie trop vieillissante et des joueurs qui tardaient à passer le flambeaux. C’est pourquoi le nouveau sélectionneur va devoir accompagner et intégrer les jeunes italiens de façon raisonnable, de manière à les responsabiliser et les préparer pour certains à l’Euro 2020, mais surtout à long terme pour être compétitif lors de la Coupe du Monde 2022 principal objectif de la fédération italienne. Ce qui ne devrait pas constituer de problème étant donné que l’ancien prodige de la Sampdoria jouit de la réputation d’être un homme qui intègre et fait jouer les jeunes.

A court terme, Mancini devra composer un groupe cohérent pour la nouvelle compétition créée par l’UEFA remplaçant les matchs amicaux par des matchs à enjeux, la Nations League dans un groupe relevé composé du Portugal et de la Pologne. Sous les ordres de leur nouveau sélectionneur, les joueurs devront se tenir prêts et devrons obtenir des résultats très rapidement au risque de descendre en catégorie B de la Nations League. Par conséquent l’ex-coach du Zénit devra obtenir des résultats très rapidement tout en ayant un projet de cohérent, mais il est difficile de le faire dans un temps si restreint étant donné les enjeux des différentes compétitions internationales. On peut donc déduire et anticiper un éventuel dilemme entre le choix d’obtenir des résultats, sans forcément avoir un projet très convaincant, ou préparer son équipe pour 2020 et 2022 quitte à afficher de mauvais résultats à ses débuts. En tout cas la tâche s’annonce donc compliquée et rude pour Roberto Mancini.

Les choix probables de Mancini ?

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Dans toutes reconstructions, des changements doivent être effectués et cette tâche n’échappera pas à Robby.

Va-t’il continuer avec le 3-5-2 ? Selon les différentes sources, la tendance est à une défense à quatre, il reste à savoir s’il s’agira d’un 4-2-3-1 ou d’un 4-3-3 mais encore une fois, les tendances se tournent vers un 4-3-3 Sky Sport s’avance et propose la première composition probable du nouveau sélectionneur, avec pas mal de surprise.

On note premièrement la titularisation de Domenico Criscito le latéral gauche du Zénit, qui a été sous les ordres de Mancini lors de son passage en Russie. On aperçoit une attaque inédite avec d’une part le jeune talent de la Fiorentina, Federico Chiesa et d’autre part l’inévitable Mario Balotelli. Si l’attaque est inédite, le choix de l’attaquant niçois l’est un peu moins, voir même inéluctable quand on voit les bonnes performances de Super Mario, et que l’on s’intéresse à la relation avec celui qui l’a lancé à 17 ans.

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Roberto Mancini et Mario Balotelli ont toujours été proche, leur relation dépasse même les terrains. Mancini est un peu comme un troisième père spirituel, même si lui rejette cette considération « Pas comme un psychologue, comme un grand frère. » C’est de cette manière que l’entraîneur italien qualifie sa relation avec Super Mario. « Je vois notre relation comme ça. Pas un rapport père-fils. Mais, quand je me mettais en colère contre lui, là, c’était comme un père » En sachant tout cela, et en rajoutant le fait que l’attaquant italien l’ait rejoint à City en 2010, et réalise depuis deux saisons les meilleurs saisons de sa carrière, sa convocation revient donc à être prévisible.

On aura l’occasion de voir la nouvelle Nazionale version Mancini le 28 mai contre l’Arabie Saoudite, de surcroît face à l’équipe de France à l’Allianz Riviera et pour conclure à Turin pour un dernier test contre les Pays-Bas, ce qui viendra conclure le premier stage de Mancini avec la sélection. Après ces confrontations il y aura des indications, des signes qui permettront d’anticiper, débattre et juger, d’ici là nous attendrons tous la liste avec impatience et les premiers matchs de l’ère Mancini, car l’Italie n’attend que de vibrer comme lors de ses plus belles heures.

 

 

 

 

 

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