Thiago Motta « On aurait dit que Verratti venait du Barça ou de l’AC Milan »

Thiago Motta, vainqueur de la Ligue des Champions 2010 sous les couleurs de l’Inter version Mourinho évoque au micro de l’Equipe plusieurs aspects de sa carrière à l’aube de sa retraite de joueur. Son attachement au PSG, le Genoa, Marco Verratti, Motta évoque également son futur en tant qu’entraîneur. Extraits choisis.

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Son attachement au PSG et son arrivée – J’y suis resté longtemps et j’y ai vécu beaucoup d’émotions, beaucoup de bonnes et quelques-unes moins. Le club a beaucoup changé, on a construit une équipe phénoménale et pratiqué un très bon football en France et en Europe. Comme la saison où on est éliminés par Manchester City (2015-2016, en quarts de finale de la C 1) . C’est un regret, je pense qu’on pouvait aller plus loin. J’ai passé ici des années très agréables et, dans mon esprit, ça devait être mon dernier club. Claudio Ranieri ne voulait pas que je parte (de l’Inter) . Je lui disais : « Il faut que j’y aille, c’est une opportunité . » Quand je suis arrivé, je connaissais un peu l’histoire du PSG, je savais que c’était un club jeune. Je savais qu’il fallait construire quelque chose ici. On m’avait bien expliqué ce que voulait faire le Qatar. Ce qui m’a convaincu ? Il y avait Carlo Ancelotti, et Leonardo que j’avais connu à l’Inter. J’ai compris tout de suite que le club avait l’intention de grandir vite et beaucoup. Juste après l’Euro 2012, Ibrahimovic et Thiago Silva sont arrivés. La présence d’Ancelotti a-t-elle compté ? Oui, il me voulait au Milan quand j’étais à Barcelone. Je le connaissais peu, mais j’avais beaucoup entendu parler de lui, en sélection notamment, tout le monde me disait que c’était un grand professionnel et un grand monsieur. Avec lui, j’ai eu une relation très fluide. Paris, pour moi, c’était le bon club et le bon moment. Il fallait construire quelque chose, c’était le début du projet.

Motta a-t-il changé depuis 2012 ? – Oui. J’ai décliné physiquement, mais pas en vitesse hein. Je n’ai jamais eu de vitesse, même à dix-huit ans ( rires ). Mais mentalement, dans ma compréhension du jeu, mon placement, dans ma connaissance des qualités de mes partenaires et pour mieux savoir en profiter, j’ai progressé. J’avais déjà commencé à changer à l’Inter, mais c’est surtout à Paris que cela s’est produit.

Ses meilleures saisons – Je dirai que c’est au Genoa (2008-2009) que je me suis senti le plus fort. Mais c’était un niveau inférieur. J’adore le Genoa, car c’est lui qui m’a donné la chance de revenir dans une grande équipe. Et au PSG, la première saison de (Laurent) Blanc, en 2013-2014, c’est là que je me suis senti le plus épanoui.

Pourquoi le PSG n’y arrive-t-il pas en Ligue des champions – C’est une bonne question. On est un peu loin et en même temps pas si loin que cela des équipes qui gagnent. Celles qui y sont arrivées jouent de la même manière toute la saison, avec chacune ses caractéristiques. Liverpool, par exemple, aime jouer en contre, même face à des équipes anglaises moyennes, car devant ils ont trois joueurs phénoménaux. Ils n’ont pas besoin de dominer. À l’Inter, on jouait en contre tout le temps avec Eto’o, Milito et Sneijder, en Championnat comme en Ligue des champions. Un problème de management ? Non, la saison suivante on fait 2-2 à Chelsea à dix contre onze (en huitièmes retour, 1-1 à l’aller), mais on a joué. Tu peux perdre en jouant aussi, mais au moins tu fais ce à quoi tu crois. Après, pourquoi on n’y arrive pas, c’est la bonne question, puisque cela nous arrive depuis plusieurs saisons. Je fais partie du club et je ne sais pas, comme face au Real au retour (1-2, le 6 mars). On a ressenti une frustration énorme. On voulait les battre, mais on ne savait pas comment faire. Il faut que l’on pense tous de la même manière. Ce n’était donc pas le cas… Par exemple, l’Atletico, l’AS Rome ou Liverpool sont des bonnes équipes, mais elles ne sont pas meilleures que le PSG individuellement. Mais elles évoluent avec la même idée tout le temps. Si on décide d’évoluer en contre, de l’entraîneur au dernier joueur, on doit en être convaincus. Si on veut évoluer avec le ballon et développer du beau foot, c’est pareil. Et alors ça marchera. Peut-être que deux ou trois joueurs chez nous pensaient que l’on pouvait jouer en contre à certains moments. Le jour J, ça n’a pas fonctionné.

Le PSG a-t-il manqué de leaders ? – Non, pour avoir des leaders, il faut leur donner de l’espace pour s’exprimer, des responsabilités. Cela veut -il dire que vous n’en avez pas eu assez cette saison ? C’est une manière de travailler, de gérer un groupe. Carlo (Ancelotti) était capable de me dire :  » Aujourd’hui, contrôle le milieu de terrain.  » Là, tu te sens impliqué et, si ça se passe mal, c’est de ta faute, pas de celle du coach. Si l’entraîneur travaille différemment, il faut l’accepter. Ce n’est pas une critique envers Unai (Emery), il aime tout contrôler. Ça peut être bien aussi, mais on ne peut pas dire ensuite qu’il n’y a pas de leader. »

Marco Verratti – Marco venait (en 2012) d’un club de Serie B, Pescara, et il arrivait au PSG, pas en L 2. Il se retrouve avec Carlo, Ibra ou Thiago Silva. Et là tout de suite, aux entraînements, je me suis dit qu’il était différent. On aurait dit qu’il venait du Barça ou de l’AC Milan. Il avait du talent. Il faut féliciter celui qui l’a recruté. De même que celui qui a recruté Giovani Lo Celso. Il est bon à tous les postes comme Adrien (Rabiot).

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Une inspiration comme coach ? – Non. Pas même AncelottiNon, car la gestion de Carlo lui est propre. Il connaît très bien le football et les hommes. C’est son caractère.Dans ce domaine, c’est le numéro 1. Après, avec le temps, j’ai appris ce qu’il faut faire et ce qu’il faut éviter. Y aura-t-il un style Thiago Motta entraîneur ?J’espère. Je serai quelqu’un de calme qui saura, je le souhaite, faire passer ses messages et convaincre ses joueurs du bien-fondé de ses décisions. Il faudra de la discipline, mais aussi un esprit positif, c’est très important. Il faudra que les joueurs soient tous concernés. J’ai des choses en tête, après il faudra que j’arrive à les leur transmettre. Si j’y arrive, je devrais réussir. Est-ce votre volonté de commencer avec les jeunes ? Je pense que c’est plus simple, aussi parce que je suis tout neuf comme entraîneur. J’ai envie de leur donner quelque chose. Eux aussi vont beaucoup me donner. Tous les jours, ils seront à 100 %. Après, ce que je cherche chez les jeunes sera différent de ce que je trouverai à l’étage du dessus. Vous voyez-vous un jour entraîner une équipe première ? Mon objectif est d’entraîner un jour le PSG. Après, il peut se passer beaucoup de choses. Je vais avancer étape par étape, mais je ne vais pas me cacher, j’ai ça dans un coin de ma tête, même si c’est encore loin. Comme j’avais, au début de ma carrière de joueur, d’évoluer au Barça.

L’interview complète de Thiago Motta est disponible dans le quotidien l’Equipe daté du 8 mai 2018.

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