In the Mood for Mario

Mario Balotelli a remercié Nice et ses supporters samedi 21 avril avec un post Instagram accompagné d’une vidéo de ses buts azuréens. Publication dans laquelle il semble affirmer, à demi-mots et sur un air de slogan Adidas, que ce n’est peut-être pas un au revoir définitif : « You never know the future ». Alors que sa situation contractuelle est connue et que son départ de l’OGCN parait acté, le numéro 9 vient de rallumer la flamme des gazettes avares en spéculations en tout genre. Qu’il quitte Nice ou non, au fond, peu importe. Son futur choix apportera de lui-même des réponses quant à l’avenir que choisira l’italien. A bientôt 28 ans (il soufflera ses bougies le 12 août prochain) Mario semble revenir d’entre les morts. Sa presque convocation pour les matchs amicaux de la sélection italienne du mois de mars semble indiquer qu’il est sur le bon chemin. Par la même occasion, Nice semble marquer un avant et un après pour le buteur palermitain. Ce passage presque sans bruit ferait presque office de nouveauté pour un joueur habitué aux montagnes russes sur, et en dehors du rectangle vert. Retour sur cette trajectoire, en super 9 bien entendu.

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Le prodige et la prophétie

Mario Balotelli semble avoir tout vu, tout vécu. La famille d’accueil dès ses deux ans, l’apatridie jusqu’à sa majorité, le racisme trop souvent, les feux d’artifices dans sa baignoire, l’Ipad sur le banc de touche, un dossard capricieux, son jardin transformé en terrain de quad… La liste est infinie. Lui-même avoue qu’il « fait parfois d’étranges choses ». Côté terrain Mario a aussi fait dans l’expérimental : des périodes cinq étoiles à l’Inter, City et au Milan avant des passages à vides presque incompréhensibles et dont l’excuse de l’extra-sportif n’explique pas tout. Mario a des cycles qui ne vont pas toujours de septembre à mai. Cependant, en dehors du génie aux hormones et du cyborg aux abdos, peu de joueurs affichent une régularité sans concession sur une saison complète. Et il fallait être naïf comme un amoureux de football pour croire dès ses 17 ans que Balotelli ferait partie de ce cercle-là.

Couvé, adulé puis rejeté par José Mourinho qui le qualifiera « d’ingérable », Mario, qui n’avait pourtant pas manqué ses débuts à l’Inter, s’en ira presque comme un paria. Déjà. A même pas 20 ans. Lors de ses premiers buts avec les nerazzuri pourtant c’était LE phénomène, celui qui saurait s’inscrire dans la durée et effacerait les regrets laissés par Adriano. Mais puisqu’on ne veut pas de lui Balo s’en va. En Angleterre. Après tout à vingt ans on a la vie devant soi.

Mario n’a que faire du temps qui passe et des méthodes d’intégration façon samouraï au sein d’un vestiaire. Il veut tout. Tout de suite. En retrouvant Mancini de l’autre côté du Channel le jeune italien croit retrouver un père. Un titre de champion d’Angleterre, quelques fléchettes et des embrouilles avec plusieurs coéquipiers plus tard le père sacrifie le fils, comme ça, en plein hiver. Pourtant, inscrire plus de 30 buts en 60 matchs avec Tévez, Džeko et Agüero en concurrents, dans un Manchester City sans fond de jeu qui se cherche au gré des innombrables recrues, c’était plutôt encourageant pour un joueur de 21 ans seulement. Mais le mal est fait. Mario ne répare pas, Mancini non plus d’ailleurs, trop d’orgueil en eux. L’un aurait pu comprendre qu’il devait se faire sa place progressivement, l’autre que son protégé avait besoin d’amour, de temps de jeu, tout simplement d’être heureux. A 21 ans, qu’on soit « spécial » ou non, comment comprendre d’être la star de tout un pays après un Euro de patron et d’être mis sur le banc d’un club qu’on a délivré à la dernière seconde du championnat pour lui offrir une couronne attendue depuis 44 ans ? Certainement pas le jeune Balotelli qui, comme lors d’une rupture adolescente douloureuse, brûle tout ce qu’il a aimé et rentre au pays. En plein hiver. En plein brouillard. A Manchester il laisse derrière lui une question à laquelle personne n’a pu répondre : Pourquoi toujours lui ?

Mario avait déjà porté le maillot du Milan. C’était à l’époque où il jouait pour le rival et l’attaquant avait trouvé amusant de porter la tunique de l’éternel rival en direct à la télévision. Quelques mois plus tard il traversait la Manche pour la première fois, les dirigeant de l’Inter n’ayant visiblement pas les mêmes goûts vestimentaires. Pour un peu plus de 21 millions d’euros les rossoneri flairent l’affaire en ce dernier jour du mercato d’hiver 2013. Mario jouera désormais en rouge et noir. L’histoire d’amour qui commençait à peine à s’écrire avec le Milan sera très vite tuée dans l’œuf (si tant est qu’une histoire d’amour puisse être comparée à un œuf). Après une demi-saison lors de laquelle ses treize buts en douze matchs aident grandement le club du Cavaliere à finir 3ème, et donc en Ligue des Champion, Super Mario voit vite le vent tourner dans la capitale lombarde.

Plombé par une politique de dégraissage et un mercato insuffisant à l’été 2013 (Emmanuelson ; Matias Silvestre ; Alessandro Matri pour 12M ; Valter Birsa), le Milan de la saison qui suit n’inscrira que 57 points en championnat. Seulement 16 victoires dont 7 sur les 9 derniers matchs et terminera donc huitième, après avoir souvent été classé entre la douzième et la dixième place. Dommage, parce qu’avec 14 buts en 30 rencontres de Serie A pour son deuxième exercice avec les rossoneri et à seulement 22 ans, l’attaquant avait réussi à se reconstituer cette confiance qui venait d’être brisée après ses déboires mancuniens. Sans Europe à l’horizon Milan doit équilibrer ses comptes. Et comme le veut la maxime : un Balotelli non retenu est un Balotelli parti.

Vingt mille lieues sous les mers

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D’un côté, il a besoin d’amour Mario, mais d’un autre il se plait à affronter les critiques et, quelque fois, leur donner tort. Il est comme ça l’enfant de Palerme. Alors, quand il envisage sa prochaine étape, il lui est difficile de refuser le rappel de la Perfide Albion.
Et pour lui ce sera les bords de la Mersey. Mario a voulu voir Liverpool et il a vu Anfield. Plutôt bien…depuis le banc de touche. Arrivée à Liverpool dans les derniers jours de l’été 2014 pour 20 millions d’euros au milieu d’un mercato estampillé Football Manager (Can, Origi, Alberto Moreno, Markovic, Lovren, Lallana, Rickie Lambert tout de même), Balotelli devait se dire qu’il allait tutoyer les sommets avec sa nouvelle équipe. Sous la houlette de Brendan Rodgers à qui le board a maintenu sa confiance suite à la deuxième place obtenue la saison précédente et 101 buts marqués en championnat. Super Mario est sensé faire le point de fixation pour son équipe, permettre à Sterling, Sturridge, Markovic voire Coutinho de s’engager dans les brèches créées dans son dos. Enfin il doit finir les actions et faire parler sa puissance dans la surface. L’italien a le profil pour briller et faire briller dans un collectif qui a soif de victoires. Tout ce qu’il aime.

Un seul et unique but en championnat pour offrir la victoire à son équipe face à Tottenham qui se sera fait attendre jusqu’au 10 février 2015. Un autre but en League Cup et deux en coupe d’Europe. Rien ne va pour lui. On se souvient de l’impression laissée par Mario sur le pré, abattu, sans ressources, sans envie, multipliant les mauvais choix et perdant un nombre incalculable de ballons. Le Balotelli de cette saison-là ne parlait absolument pas le même football que ses coéquipiers. D’ailleurs à partir de la deuxième moitié de saison, si Sturridge n’était pas aligné c’était Rickie Lambert qui était titulaire. Liverpool finira la saison sans Mario, littéralement démonté par la presse anglaise pour la plus grande joie de ses détracteurs, mais sans fond de jeu ni enthousiasme collectif non plus. 6ème en championnat avec 52 buts marqués seulement et une différence de +4, des défaites à domicile face à Aston Villa et Palace, des matchs nuls contre Hull, Sunderland ou Leicester, bref indigne de Liverpool. Fâché avec Rodgers, l’Italien pense à nouveau à un départ, moins d’un an après son arrivée. Encore un peu bankable mais très cher en salaire, les clubs ne sont pas légions à se battre pour lui. Encore moins vu son attitude et ses feuilles de stats. Balo voulait faire partie de ceux qui ne marchent jamais seuls, mais à vouloir être sur tous les fronts il s’est perdu. Et cette fois-ci il n’y a plus personne pour lui trouver une excuse.

En manque d’amour Mario fait comme beaucoup d’entre nous : il envoie un message à son ex. Le Milan n’est plus tout beau, plus en haut de l’affiche, seuls ceux qui regardent son passé d’un peu trop près voient en lui une once de champion ou d’épouvantail potentiel. Néanmoins l’Italien aimerait se draper des lettres de noblesses du club aux sept Ligues des Champions. De celles qui, à son âge, et comparées aux autres courtisans, pourraient refaire de Mario un joueur d’envergure internationale.
Malheureusement cette illusion de fresque médiévale faite d’amour du blason, de conquête chevaleresque et de retour à Ithaque ne fera pas long feu. Entrainée par Siniša Mihajlović, avec comme partenaires Jérémy Menez ; M’baye Niang ou Kévin-Prince Boateng l’équipe semble avoir un certain potentiel. Au moins celui permettant de faire un remake de Fast and Furious en dehors du rectangle vert. Mais l’exercice 2015-2016 du Diavolo est triste à pleurer : quinze victoires seulement, douze matchs nuls et onze défaites ; 49 buts marqués pour 43 encaissés. Le Milan AC termine sa saison à la 7ème place du championnat, malgré une finale de coupe d’Italie (défaite 1-0 contre la Juventus ; Morata 110’), avec pour seuls highlights les exploits individuels de Bonaventura ou de Carlos Bacca (20 caramels pour le colombien). Et si l’équipe doit ses résultats aux prestations de Bacca, le tout dans un schéma en 433 avec une seule pointe, c’est qu’il y en a un qui ne joue que trop peu. Ou même pas du tout. Il faut dire qu’avec vingt feuilles de match pour un petit but inscrit au Stadio Friuli, on est très loin du super avant-centre vendu à corps et à cris par son agent Mino Raiola.

Pour la première dois de sa carrière Balotelli passe à côté lors de deux saisons d’affilée. Les exercices vécus par Liverpool et le Milan de son deuxième passage sont à des années lumières de leurs standards habituels. C’est vrai. En témoignent les joueurs passés sous radar en cours de championnat issus de recrutements qui ressemblent à des coups de poker (cf. Markovic ; Luiz Adriano ; Bertolacci (acheté 20 millions) ; Borini ; Manquillo…). Néanmoins on a du mal à croire que celui qui avait été désigné dans l’équipe-type de l’Euro 2012 ne puisse pas avoir tenu un rôle chez les Reds ou les Rossoneri, qui plus est lors de ces saisons de vaches maigres. Jugé comme trop égoïste, ingérable, dilettante, Balo est en train de perdre son pari et de prouver qu’il est capable d’être un élément moteur dans un vestiaire.
Ce qui frappe à cette époque c’est le silence progressif qui se fait à l’encontre de Mario. Critiqué avec véhémence, taclé dans la presse, décrié par ses supporters et admirateurs, les jugements sur sa carrière et ses prestations laissent peu à peu place au silence, à l’indifférence. Il était impensable d’imaginer un tel silence à son sujet seulement deux saisons en arrière. Pourtant à trop aimer ou trop détester l’homme, les divers pôles finissent par se lasser. L’Italien a déçu tout le monde. C’est donc acté, Mario ne sera jamais un attaquant de classe mondiale.

Super Mario Sunshine

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Liverpool, désormais entrainé par Klopp, n’est pas intéressé le moins du monde par un retour de Balotelli. Le Milan n’est pas très chaud pour continuer l’aventure et l’italien est en recherche d’une équipe dans laquelle il pourrait enchaîner les rencontres. Avec ses dernières saisons l’attaquant ne peut objectivement pas envisager un club jouant les phases finales de la Ligue des Champions. Cependant Mario a grandi et connaît mieux ses besoins environnementaux pour jouer son football. Cette fois-ci il ne sera pas obligatoirement question de renommée et de notoriété de l’institution dans laquelle il s’engagera. Alors que Liverpool accepte de le libérer de son contrat, l’OGC Nice se positionne sur l’affaire. Les tractations avec Balotelli et Raiola sont dures mais les trois parties consentent à des efforts. Le club azuréen vient de finir 4ème de Ligue 1 et donc qualifié pour la prochaine Europa League. Le tout avec un jeu enthousiasmant, des nouvelles structures de formation et un stade flambant neuf. Une énergie est en train de naître au club depuis le passage de Claude Puel. Et ce n’est rien moins que Lucien Favre qui va reprendre les rênes à la tête de l’équipe une. L’entraineur suisse est considéré comme un faiseur de miracles dans son ancien club, le Borussia Mönchengladbach. Le contexte séduit le joueur, les émoluments conviennent finalement à toutes les parties. Le 31 août 2016, dans les dernières heures du mercato, Mario se saisit son plus beau Mont Blanc et rejoint le club de Jean-Pierre Rivière, pas peu fier de son coup.

Pour le premier match de l’Italien avec les Aiglons, quoi de mieux qu’un derby contre Marseille ? L’été quitte peu à peu la Côte d’Azur mais l’ambiance est bouillante à l’Allianz Riviera pour accueillir la nouvelle attraction à la pointe de l’attaque niçoise. En ce dimanche 11 septembre, en prime time, Balotelli va grandement participer à la victoire de son équipe en inscrivant deux buts (7’ et 78’) pour un score final de trois buts à deux en faveur des locaux. Mario avait besoin d’une étincelle pour se réveiller, et c’est une déflagration d’amour qui descend des travées. Le joueur est touché par cet accueil. En interview d’après-match il affiche un large sourire, il est heureux. Et ce n’est pas seulement en réaction à l’italien de Paganelli. A l’image d’un Homme ne sachant plus marcher ni aimer, il aura suffi d’un match à Balotelli pour retrouver le cœur et les jambes. A ce moment de notre récit il semble difficile de ne pas y voir un lien de causalité. Un seul moment, une seule décharge émotionnelle, un léger tremblement de terrain à Nice ce soir-là et Mario est redevenu Super.

Super car après presque deux saisons dans les Alpes-Maritimes on trouverait peu de réserves à émettre quand on parle de l’expérience Niçoise de l’attaquant italien. En TTC Mario c’est jusqu’à maintenant 40 buts en 63 rencontres disputées. Costaud. Un ratio de 0,63 buts par match ça reclasse quand même le bonhomme dans un cercle pas si ouvert que cela au niveau européen. Mieux encore que les statistiques ou les classements de Nice en Ligue 1, c’est le poids du joueur dans le vestiaire. Il fait désormais partie des cadres et ce n’était pas chose gagnée lors de sa signature. Avec Dante, Seri et Jallet il fait partie des rares joueurs capables d’encadrer la jeunesse niçoise. Le désaveu de Lucien Favre après sa triste prestation face à Naples, Balo l’a transformé en éloges. Récemment le technicien suisse déclarait lors d’une interview à l’UEFA : : « Il fait certaines choses mieux qu’au début. Mario a besoin de soutien, besoin qu’on lui parle. Il a besoin que les joueurs soient proches de lui parce qu’il sent bien le jeu et il sait comment être décisif. Il a beaucoup progressé dans ses déplacements, il devient plus altruiste et efficace. Il a encore beaucoup de travail à faire mais nous savons sur quoi. Il travaille très dur à l’entraînement, il vient faire le pressing quand il a perdu le ballon. C’est un petit pas en avant mais c’est très important. Après, ça ne va pas se mettre en place en un an, il a besoin de temps. J’étais déjà agréablement surpris par ses progrès l’année dernière et aujourd’hui, il est encore plus impliqué dans le jeu. Il fait de gros efforts pour atteindre le niveau requis ».

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Revenu de loin Mario s’est remis en selle grâce à un choix de carrière audacieux et à une remise en question de son football et de son implication. Moins en vue depuis quelques matchs, la logique économique voulant que ce soit Pléa (très en forme en ce moment) qui représente une valeur marchande importante pour le club, Balotelli sera libre de choisir sa destination l’été prochain. Il n’y aura pas de Coupe du Monde pour lui comme pour l’Italie, pour gagner en visibilité, mais l’attaquant est déjà inscrit en haut de certaines listes de clubs prestigieux. Car à bientôt 28 ans Mario est en passe de réussir le pari le plus difficile qui semblait s’offrir à lui voilà deux ans : il est redevenu un joueur d’exception.

Maps to the Stars

C’est peu dire que Super Mario a eu un parcours chaotique, haut en couleurs. Dès son plus jeune âge et (trop) sûr de sa force l’italien a voulu devenir une légende tout en restant lui-même. Grave erreur. Etre une légende demande certains sacrifices que le jeune attaquant n’était sans doute pas prêt à consentir. Faire l’unanimité demande de la diplomatie, de celle qui vous change, qui vous module. Trop politique pour le palermitain, pas suffisamment façonné aux à-côtés du football. Certains diront également que le joueur n’avait tout simplement pas le talent nécessaire au destin que beaucoup lui prédisaient. Ils n’ont peut-être pas tort mais tous les futurs cracks n’ont pas autant impressionné leurs entraîneurs que Balo a pu le faire. Aussi, ils sont peu à avoir tutoyé les sommets que Mario a parfois touchés du bout des crampons : la demi-finale contre l’Allemagne, Le 6-1 à Old Trafford et les quelques matchs où il était sur une autre planète, personne ne les lui enlèvera. En étant objectif il est difficile de ne pas penser qu’avec plus de régularité dans sa carrière il ferait partie d’un cercle très fermé et très convoité. C’est bien l’un des paradoxes de Balotelli : on parle souvent de sa carrière au passé alors qu’il semble encore avoir au moins cinq années pleines à donner au football.

Profitons quand même de ce récit pour, au minimum, enlever une tâche tenace à certains présupposés sur l’attaquant : Mario n’est pas une starlette. Les écarts de conduite qui ont parfois fait les gros titres de la presse n’ont jamais été en lien direct avec une attitude de suffisance par rapport à ses partenaires. Balotelli est sans filtres, il ne soucie que peu des conséquences de ses actes. Non pas que ce soit l’excuse du gamin à qui il faut tout pardonner. C’est dans son attitude d’être nature. Les embrouilles avec les coéquipiers à l’entrainement, il n’y en a eu vraiment qu’à City, dans un contexte particulier. Serait-il le seul à avoir eu des excès de compétitivité ? De plus, peut-on dire que se prendre le bec avec Mancini soit quelque chose qui paraisse incompréhensible ? Que dire de toutes les bizarreries dont il nous a gratifiés ? Elles ont participé à sa légende au moment où le football basculait dans un autre univers dans nos sociétés. Rien de bien méchant en somme. Lors de son trou d’air de deux ans le joueur semblait déjà avoir compris que tout ce qu’il pourrait faire en dehors lui serait reproché.

Son salut footballistique est venu d’un léger pas en arrière. Plutôt sur le plan de l’exposition médiatique et de la renommée du club en question à vrai dire. On peut estimer que cette étape aurait dû être la première de sa carrière. Un prêt dans un club de seconds couteaux italiens lui aurait sans doute permis de prendre conscience de certains aspects de sa vie professionnelle. Mais ce « pas en arrière » reste relatif quand on voit le rendu du projet niçois depuis 4 saisons maintenant et l’importance de l’Italien dans cette évolution.

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Adulé ou détesté, tu ne laisses personne indifférent, ainsi va ta vie depuis le commencement, ainsi s’achèvera-t-elle sans doute également. Pourtant depuis deux saisons tu sembles avoir remis ta carrière sur les rails, ceux qui permettent de se projeter, de voir au-delà de la pression inhérente au match suivant. Depuis le temps tu as évolué et aujourd’hui tu as compris dans quel environnement il était possible pour toi de t’épanouir, j’ai confiance, tu feras le bon choix. C’est quand même avec quelques regrets que je repense parfois aux folies que tu pouvais faire en dehors du stade, le feu d’artifice dans la baignoire bordel, c’était beau. Je ne sais pas si tu as lu Conrad et son ouvrage Au cœur des ténèbres, au fond qu’importe, sache juste que tu en es revenu. Les moments de joie que tu distilles avec parcimonie à tes supporters et à tes coéquipiers, tes buts, tes accolades et même tes vidéos barrées, nous avons peut-être failli ne jamais les voir. Alors qu’importe ta future destination Mario, merci d’avoir choisi le football.

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