La Roma à un tournant de son histoire

Incroyable, gigantesque, héroïque, historique … la liste pourrait être encore longue pour décrire ce que vient de réaliser la Roma face au Barça. Depuis hier soir la planète foot ne parle que de cette « Romantada » comme s’en amuse la presse du monde entier mais oui les Romains l’ont fait. Cela faisait 34 ans que la Roma n’avait pas atteint les demi-finales de la Champions League et cette finale de 1984 contre Liverpool mais l’idée ici n’est pas de décrypter ce match incroyable d’hier soir, non un match pareil ne se raconte ni ne s’explique par les mots, il se vit. Il se vit au travers de ce stade à l’avant match, en écoutant cet hymne, en regardant le visage de De Rossi, la joie de Manolas ou bien James Pallotta le président étant allé se baigner dans une fontaine en ville avec des milliers de tifosi autour. Rome dans toute sa splendeur. La Roma se retrouve aujourd’hui à un tournant de son histoire et doit saisir cette occasion.

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Manolas n’en revient pas, il entre dans l’histoire avec son but qui offre la qualification

S’installer dans la cour des très grands

Cela faisait 34 ans que la Roma n’avait pas atteint ce stade des demi-finales et cette année de 1984 avec la finale perdue contre Liverpool, aujourd’hui la Roma est de retour à un moment où beaucoup de choses pourraient bouger dans le bon sens pour le club. Depuis l’arrivée américaine à la dirigeance avec James Pallotta, le club de la capitale a réussi à s’installer avec régularité dans le top 3 du championnat avec même par moment un espoir de titre face à la Juve mais n’a par contre pas su frapper fort en Europe voir même tout le contraire (Porto, Lyon, Bayern, Barça pour ne citer que ces rencontres catastrophiques).

Aujourd’hui c’est chose faite, la Roma et James Pallotta tiennent leur match référence en Europe et c’est maintenant que tout se joue, à tous les niveaux que ça soit pour le nouveau stade, les sponsors ou le mercato. Le club doit entrer dans une nouvelle ère et profiter de ce tremplin énorme que représente cette qualification en demi-finale et ce match historique, d’autant plus quand on voit le parcours ! On ne parle pas ici d’un parcours « facile » avec de la chance à chaque tirage bien au contraire, les Giallorossi ont dû sortir Chelsea et l’Atlético en poule avec la manière et maintenant le Barça en quart avec le luxe de ne concéder aucun but à domicile à chacune de ces rencontres. Ce genre d’épopée laisse des traces dans l’esprit des gens et des joueurs (peu importe leur club).

Le plus important maintenant est d’arriver à terme à s’installer durablement dans ce haut du panier du football européen. A moyen terme, cela passe par la construction du nouveau stade et les négociations d’un ou plusieurs sponsors et à court terme par une qualification pour la Champions League de la saison prochaine car oui n’oublions pas que de ce côté là rien est encore fait tant le championnat est serré. Le club doit entrer dans un nouveau cycle économique désormais (ce parcours en Champions League 2017/2018 risque de rapporter gros) ainsi que sportif, à commencer dès cet été ! On pense par exemple à un joueur comme Alisson Becker, des offres colossales risquent de tomber cet été, des offres qui pourraient peut-être battre des records et être difficiles à refuser mais il serait bon signe de voir Alisson rester encore à la Roma.

Monchi doit fermer le « supermarché »

S’il y a bien un homme qui peut faire office de pion essentiel dans cette évolution romaine c’est bien lui, Monchi le directeur sportif arrivé l’été dernier. Considéré comme l’un des tout meilleurs experts à son poste, il a l’expérience, le réseau et la confiance du club pour bâtir quelque chose de solide comme il a brillamment fait à Séville.

Pourtant il a essuyé quelques critiques déjà pour sa première saison à la Roma (qui n’a jamais été critiqué dans cette ville ?) et lui-même avoue sans problème que l’adaptation fut délicate entre l’arrivée dans un nouveau club, les exigences du marché et le jonglage économique qu’il faut faire à la Roma. C’est maintenant qu’il faut voir le « vrai Monchi » si on peut dire ainsi à l’image des achats brillants comme Kolarov ou Ünder cette saison. Sur le mercato la Roma doit passer de bon club qui fait souvent office de tremplin à très bon club compétitif pour le championnat ET pour l’Europe, point où la Juve est à des années lumières des autres clubs italiens depuis des années. Naturellement il sera toujours délicat de concurrencer des clubs tels que le PSG ou les clubs anglais pour ne citer qu’eux qui ont des finances bien supérieures qu’à Rome mais un cap doit tout de même être franchi, il faut en finir avec l’étiquette de club « supermarché » comme ont pu dire certaines personnes à force de voir la Roma vendre ses meilleurs joueurs chaque été et en racheter autant. Il est temps de fermer boutique.

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La hargne de Florenzi, symbole du travail mental de Di Francesco

Di Francesco le renouveau mental

Et Di Francesco dans tout ça ? Lui aussi comme Monchi c’est sa première saison à la Roma ainsi que sa première en Champions League et lui aussi a déjà essuyé beaucoup de critiques (à tort ou à raison) sur ses choix techniques et tactiques. Mais attardons nous sur autre chose, sur un détail bien précis où il parait jusqu’à présent intouchable et allons même plus loin, sur un détail où il a peut-être métamorphosé ce club. C’est tout simplement d’un point de vu mental.

Combien de fois avons-nous vu dans notre vie la Roma sombrer d’une minute à l’autre ? Se saborder toute seule en faisant une première période extraordinaire et une seconde catastrophique ? Combien de fois devant un match on a pu se dire « la Roma va s’en prendre un » ? Parce que ce club est comme ça, peu importe la saison, peu importe l’équipe, tout est toujours possible. Et tout ça Di Francesco le sait parfaitement lui l’ancien joueur giallorsso. Mais plutôt que de tomber dans la facilité en disant « Rome est comme ça, avec ses médias, sa folie, il faut faire avec » il a fait jusqu’à présent tout le contraire et surtout avant ce match retour contre Barcelone. Le symbole est sans nul doute De Rossi, lui l’ancien, lui le fou capable de prendre un rouge à tout moment dans le match le plus important de l’année, il nous sort une partition extraordinaire. Le De Rossi qu’on avait pas vu depuis … très longtemps.

« Nous avons le devoir de croire et d’essayer, on devra créer notre mentalité de gagnant » S’il y a bien une personne qui croyait en cet exploit, c’est Di Francesco et personne d’autre. A aucun moment il n’a montré une once de défaitisme car il a confiance en son groupe en plus d’avoir une petite idée de schéma de jeu derrière la tête. Cette confiance il a su la transmettre à toute son équipe, le match d’hier c’est une Roma inédite que nous avons vu, une Roma complète, une Roma taillée pour le top niveau. Lors de la seconde période du match, l’habituel « ils vont s’en prendre un c’est écrit c’est ce club » s’est transformé en « putain ils vont le faire !! » et ça, ça en dit long. Qui mieux que lui-même pour en parler dans l’après match.

« Je dois dire merci aux garçons, c’est une grande satisfaction. Ils ont fait un travail extraordinaire à tous points de vue. Ce match, j’y bosse depuis la défaite contre la Fiorentina. À 5h00 du matin je ne dormais pas, je devais trouver quelque chose de plus que notre 4-3-3. Je suis content pour plein de raisons. C’est une philosophie qui est née, pas un système. C’est cette philosophie que les joueurs ont épousée. J’avais besoin d’une équipe européenne et je l’ai eue. Je suis content d’avoir réussi à transmettre une certaine mentalité au groupe. Plus que l’aspect tactique, ce qui a compté ce soir, c’est la mentalité, notre agressivité. Ce que nous avons réalisé ce soir, c’est la juste récompense du magnifique travail accompli en Europe cette saison. »

Maintenant, pourquoi ne pas rêver encore plus grand après tout ? « On y croyait vraiment. Dans les vestiaires, j’ai embrassé tout le monde, mais je leur ai dit à tous que dimanche, c’est le derby. Notre force, c’est de toujours regarder devant nous. Pourquoi ne pas croire à la finale de Kiev ? Il ne faut pas dire « on verra bien », ce serait se contenter du minimum » Avec des paroles comme ça, on se dit que peut être que …

En tout cas, on dit souvent que supporter la Roma c’est être fou, c’est aimer souffrir, mais hier soir sachez le, ce fut une des plus belles et une des plus agréables souffrances qui puisse exister.

 

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