Maurizio Sarri: « Deux points paraissent comme un écart énorme »

Maurizio Sarri, entraîneur et maestro du Napoli a accordé une interview au quotidien le Corriere dello Sport quant à la course au Scudetto opposant la Juventus à son équipe. Le tacticien de 59 ans évoque également son avenir ainsi que son gardien titulaire Pepe Reina. Voici quelques extraits.

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La course au Scudetto et l’écart de points avec la Juventus Vue la moyenne de points de qui est en tête, et il s’agit de la Juventus, deux points paraissent un écart énorme. Même en jetant un œil à la moyenne de points de son Napoli l’année dernière, avec sept victoires et deux nuls lors dès neuf dernières journées ? Ce sont des statistiques qui appartiennent au passé : une autre saison, une situation différente. J’ai une certitude : l’équipe va bien et l’a démontré également contre le Genoa dimanche soir, notamment du point de vue mental. J’ai du mal à en trouver d’autres, des certitudes, parce qu’il n’y en a pas. Dans des situations extrêmes comme celles-ci, qu’est ce qui fait la différence ? Je jure de n’en avoir strictement aucune idée. J’imagine que la Juventus ne ressente aucun type de pression, étant habituée aux hautes sphères du classement. Mais, d’un point de vue psychologique et même logique, nous non plus ne devrions être effleuré par aucune forme de stress. Cependant, je ne réussis pas encore à m’introduire dans l’esprit de mes joueurs. Sarri prend plus de plaisir en jouant bien, ou des 1-0 comme contre le Genoa lui suffisent maintenant ? Le match ne m’a pas déplu, au contraire : on l’a affronté avec maturité, on a été bons à ne pas paniquer face à la difficulté de marquer, risque qui existait. On a été lucides, rationnels, on a géré la possession sans en faire trop. Et on a gagné. Dans l’absolu, je préfère un spectacle plus raffiné ; dans le cas présent, on ne peut pas dire que le Napoli ait mal joué.

Son avenir et l’amour des tifosi – Il faut partir d’un présupposé important : j’ai un contrat avec le Napoli et tout ce qui y est inscrit, par exemple la clause de libération, compte peu. Je n’y accorde pas d’importance. Par contre, ce qu’a fait le public et la façon dont il me démontre son attachement a une incidence. Les démonstrations de ce genre sont étourdissantes, font que tu te sens redevable. C’est donc inévitable que, au moment de faire des choix, un homme s’interroge pour savoir s’il est en condition de rendre ce qui lui a été donné. Mais il y a ici un rapport qui va au-delà de la pure imagination. Le public napolitain n’a pas d’égal. Je suis lié au Napoli, les interprétations et divagations durent le temps qu’elles durent. Il y aura ensuite les considérations finales, éventuellement. Mais si j’en venais à être dans les conditions idéales pour rendre aux napolitains ce qu’ils m’ont donné, donc si j’ai la certitude de pouvoir me donner à 100%, alors le contrat sera un faux problème. Dans le cas contraire, il faudra que je fasse un pas en arrière. Vous avez dit il y a quelques temps : « Je dois comprendre si le cycle peut être considéré comme durable ».  Ce qui veut dire ? Avoir la certitude qu’il y aura de la continuité, qu’on pourra travailler sur un groupe. Je connais les nuances du mercato et je sais que face à certaines offres, c’est compliqué de retenir les joueurs. Mais le projet peut aller de l’avant.  Gagner le Scudetto, ou le perdre, peut modifier quelque chose ? Pour moi, absolument pas. Pour ma part, il s’agira de faire une introspection et de comprendre si j’ai encore quelque chose à offrir. En tout cas, certaines analyses plus amples ne m’appartiennent pas mais sont inhérentes à la croissance du Napoli. Il m’a par exemple semblé qu’après le nul de San Siro face à l’Inter, un peu de mécontentement se soit diffusé. Pourtant, on n’avait pas perdu face à l’Inter ! Voilà, les objectifs ont changé, et cela nous fait plaisir car nous avons été ceux qui ont favorisé ce climat ambitieux. Mais parfois, il faut savoir être rationnel. On ne doit se sentir prisonnier d’aucun obstacle, on a encore de la route à parcourir devant nous.

D’autres Sarri ? – Quand j’étais chez les amateurs, j’ai croisé des entraîneurs vraiment doués ; parmi les professionnels, j’ai parfois eu l’impression d’en rencontrer des totalement dépassés. Je souhaite à tout ceux qui ont des qualités d’avoir les mêmes opportunités que j’ai eues.

Trêve internationale – Les pauses sont pour les entraîneurs, sûrement pas pour les joueurs, qui sont obligés de subir encore plus de stress. Ils jouent, voyagent à travers le monde, des voyages qui peuvent être ultra-fatigants. Puis ils rentrent, et doivent recommencer le championnat dès le samedi, sans s’être reposés, sans avoir eu la possibilité de préparer le match.

Reina – À Naples, on sait de qui l’on parle. D’un professionnel exemplaire, bien qu’en fin de contrat, un gardien de très haut niveau, extraordinaire d’un point de vue humain. En parlant d’humain, laissez moi avoir un mot pour Astori. Il pouvait venir à Naples. Ça ne s’est pas fait, mais il pensait que c’était juste de m’appeler pour m’en expliquer les raisons. Un garçon spécial.

L’interview complète est disponible dans le Corriere dello Sport du 20 mars 2018

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