Billet d’humeur, l’Italie doit tirer un trait sur Buffon et les anciens

deLa Nazionale doit-elle tirer un trait sur ses vieux briscards que sont Gianluigi Buffon, Andrea Barzagli ou encore Daniele De Rossi ? Ce questionnement s’est installé dans ma tête suite à l’information de SkySport prétendant que Buffon pourrait continuer l’aventure de la sélection jusqu’en juin 2020 où il aura alors 42 ans. Selon moi et seulement selon moi, le naufrage italien doit pousser à réfléchir à cette question. Si l’équipe nationale n’a toujours pas de sélectionneur définitif en place, elle ne doit pas pour autant perdre de temps en vu de l’Euro 2020. Quelle sera la stratégie de Di Biagio ainsi que celle de son successeur ? Rappellerons-t-ils Daniele De Rossi, Andrea Barzagli pourtant officiellement en retrait de la sélection ? Que cette Nazionale fasse un trait sur ces 3 hommes, et qu’elle aille de l’avant. Mais bien sûr, tous les propos qui suivent n’engagent que moi et non pas la rédaction de FRSerieA dans son entièreté.

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« Oui, mais nous n’avons pas mieux »

Attention, ici il n’est pas question de remettre en cause le talent de ces joueurs, ni leur longévité que beaucoup de joueurs pourraient envier. Ici il est question d’avenir. Certes Caldara, Rugani, Romagnoli n’ont peut-être pas le niveau de Barzagli, oui Buffon n’a pas encore à être inquiété de la concurrence, et pourtant bousculer de force cette hiérarchie ne serait, selon moi, pas une mauvaise chose. L’Italie a certes une génération moyenne, et ce à l’échelle de l’histoire de l’Italie, mais sa jeunesse n’a néanmoins rien à envier à celle de beaucoup de pays au monde. Cependant, il ne faut pas beaucoup de courage pour admettre que les nouvelles générations espagnoles, françaises ou encore allemandes sont d’un tout autre niveau que celle provenant d’Italie. Oui Bernardeschi, Insigne ne sont pas Totti et Del Piero, c’est vrai Perin et Donnarumma ne sont pas Buffon, c’est d’ailleurs aussi vrai que Romagnoli, Caldara et Rugani ne sont ni Chiellini, ni Nesta et pas Barzagli pour autant.

Et pourtant. Combien de temps l’Italie, ses entraîneurs, ses fans, nieront-ils qu’une génération, encore une fois moyenne, devra porter le maillot azzurro ? Pousser ces légendes à continuer car personne ne semble apte à être plus performant qu’eux en sélection ne fait ni du bien aux jeunes, ni à la sélection et cela pourrait même, à terme, faire du tort à nos légendes et leur image lorsqu’ils n’assureront plus autant. Bien qu’ils maintiennent une excellente forme à 33 ans passés, ils ne pourront pas couvrir la dite pauvreté du vivier encore longtemps. Ils sont l’arbre qui cache la forêt, mais l’arbre est destiné à flancher.

Nous aurions pu espérer un meilleur départ pour des joueurs qui ont tant donné à la sélection, sur et en dehors du terrain mais une plus belle fin est difficilement possible et imaginable. Cependant acceptons cette réalité, ces joueurs ne remporteront plus un titre majeur avec la Nazionale. L’Italie, privée de Coupe du Monde a devant elle la plus précieuse des richesses: du temps. Pour transformer ce naufrage suédois en possible belle histoire, il faut s’y prendre dès maintenant. Certes Buffon est fort, certes c’est un leader, mais doit-il tenter de garder les cages de la sélection jusqu’à l’Euro 2020 ? Et si Buffon que certains pensent éternel n’était qu’un homme ? Si Buffon connaissait une forte baisse de régime à l’aube de l’Euro ou durant une situation critique pour l’Italie (durant la phase de qualification par exemple), comment l’Italie réagirait ? Qui aurait les épaules pour remplacer un meuble de la sélection tel que Buffon de manière immédiate ? C’est pourquoi, toujours selon moi, l’Italie doit profiter de ces deux prochaines années pour installer durablement les Caldara, Rugani, Romagnoli, Perin, Donnarumma, Jorginho, Bernardeschi, Pellegrini et compagnie. Ces joueurs là, comme d’autres, doivent êtres responsabilisés. Bien sûr il ne s’agit pas là de solution miracle, ni d’un remède aux différents maux du football italien.

Beaucoup de thèmes doivent-être repensés, les questions éthiques, le traitement du racisme dans les stades, la formation dans son ensemble avec ses écoles bien trop peu nombreuses, la rénovation des stades étant bien souvent vétustes etc. Les clubs de Serie A doivent également valoriser leurs jeunes talents locaux, chose trop rare aujourd’hui. Qui plus est avec l’explosion des prix sur le mercato, les jeunes joueurs italiens se retrouvent souvent bloqués dans leur club tant la demande du propriétaire peut-être excessive. En effet, les gros clubs italiens ne peuvent pas forcément suivre financièrement parlant, qui peut réellement s’attacher les services de Bryan Cristante  (à titre d’exemple mais cette logique fonctionne avec nombre de jeunes italiens) à 35 millions d’euros ? Et quel club étranger peu regardant sur les prix pourrait investir une telle somme sur un joueur aussi peu réputé en dehors de la Botte ?

Mal plus profond encore et cette fois-ci à l’échelle du pays. L’Italie doit, elle, faire pratiquer plus de sport à ses jeunes enfants et adolescents. L’Organisation de coopération et de développement économiques publiait en 2016 un panorama sur la santé en Europe et précisait que seuls 11 % des jeunes garçons de 15 ans pratiquaient du sport quotidiennement en Italie, soit la moyenne la plus faible en Europe. La moyenne de l’Union européenne étant à 20 %. Et cela n’augure rien de bon.  Mais revenons au cas des footballeurs, si ces jeunes sont certes, pour l’heure, moins bons que les voisins espagnols, français et allemands, le futur sélectionneur peut jouir de deux belles années, de la Ligue des Nations, de la phase de qualifications à l’Euro 2020 ainsi que des amicaux pour créer un groupe fort, qui se connaît sur le bout des doigts. Certes la Nazionale ne compte pas de Mbappé, Pogba, Asensio mais elle peut former une équipe solidaire et difficilement manœuvrable, comme elle l’a toujours été historiquement sans pour autant avoir toujours possédée les meilleurs joueurs.

Est-il question ici de bannir Buffon, De Rossi ou Barzagli de la sélection ? Pas forcément. Un groupe doit comporter des leaders, en attendant que de nouveaux protagonistes émergent. Mais comment un leader, issu de cette nouvelle génération, peut-il émerger si Buffon, Barzagli, De Rossi occupent une place si importante que celle de titulaire ? La parole et la présence de ces hommes peuvent-êtres précieuses, sûrement plus que leurs jambes durant les deux prochaines saisons.  Imaginer mettre un terme de l’histoire liant Buffon à la Nazionale est une chose terrible, mais cela arrivera bien un jour, et à titre personnel je préfère voir Buffon se mettre en retrait dès aujourd’hui plutôt que de le voir courir derrière des aspirations et records personnels qui n’apporteront pas forcément de choses positives à l’avenir. Messieurs les légendes, cédez vos places à ces jeunes que vous étiez quelques années auparavant et aidez-les à se forger, pour le bien d’une sélection et d’un pays morne sans football.

Hugo.

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