Mamadou Coulibaly, le professionnel qui fut clandestin

Mamadou Coulibaly, milieu de terrain de Pescara fait le bonheur des Delfini. Auteur de 15 matchs cette saison, le prodige sénégalais a dores et déjà été recruté par l’usine à jeunes talents étrangers qu’est l’Udinese, qu’il rejoindra à la fin de la saison. Mais, le milieu qui pourrait remplacer Antonin Barak l’an prochain, souvent comparé à Paul Pogba de par son profil et sa morphologie, a une histoire bien particulière. Son histoire d’ailleurs encore plus surprenante lorsque l’on sait que Mamadou Coulibaly n’a pas fait ce voyage pour survivre. Rejoindre un autre continent n’était pas une question de vie ou de mort. En effet, avec des parents enseignants, le milieu de terrain n’était pas un jeune homme pauvre. Il désirait seulement vivre de sa passion, et ce contre la volonté de ses parents. Son rêve désormais est d’emmener sa famille vivre en Italie, à ses côtés. Et lui vous la racontera mieux que quiconque.

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« J’ai tout risqué pour jouer au football. J’ai pris un bus de Dakar jusqu’au Maroc, mais je n’avais pas l’argent pour prendre le bateau donc je dormais dans le port. Au Maroc un homme m’a demandé pourquoi je dormais dans la rue. Je lui ai dit que je voulais aller en Europe. L’homme est revenu quelques jours après, il travaillait sur un petit bateau qui allait en France et il m’a laissé monter. Il y’avait 20 personnes que je ne connaissais pas sur le bateau. Mon rêve était de jouer au foot, je ne connaissais pas le leur. Je ne sais pas nager, donc si le bateau se renversait c’était fini. Seul mon meilleur ami savait, mes parents pensaient que j’étais à l’école, ils m’ont cru mort car pendant 4 mois je n’ai pas appelé.  »

Après une traversée du continent africain et de la Méditerranée, Coulibaly est donc arrivé en Italie. Par la Botte il rejoint la France et plus particulièrement Grenoble en prenant un train sans ticket, où il a pu être hébergé par sa tante. en Italie sans un sou en poche. Qui plus est, le jeune sénégalais était mineur à l’époque. Comme beaucoup de jeunes immigrés africains avant lui, Mamadou Coulibaly va être victime d’un agent frauduleux.

« Un homme m’a fait venir à Livorno pour me présenter à des équipes et un matin il a disparu. Je ne parlais pas italien, je n’avais pas d’argent et je ne connaissais personne. Des gens m’ont vu jouer sur la plage et m’ont organisé un test à Livorno, le club me voulait mais je n’avais pas de papiers. J’ai donc été à Rome, je dormais dans la rue, parfois il y’avait des jours où je mangeais un sandwich. On m’a dit qu’il y’avait beaucoup de Sénégalais à Pescara, donc de Rome j’ai pris le train sans billets. Mais je me suis trompé et je suis descendu à Roseto, je dormais au centre sportif, les carabinieri m’ont trouvé et placé en foyer. »

Après quelques tests loupés à Cesena et Sassuolo, l’espoir sénégalais tape finalement dans l’oeil de Pescara avec qui il s’engage définitivement à ses 18 ans, en février 2017. Le joueur peut enfin évoluer en Primavera. Mais il ne posera pas ses valises bien longtemps dans les catégories jeunes.  Dès mars 2017, il est appelé par Massimo Oddo, l’entraîneur de l’époque  (actuel coach d’Udine, propriétaire de la carte de Mamadou Coulibaly), pour évoluer avec les pros qui eux sont en Serie A. D’abord quelques minutes contre l’Atalanta le 19 mars, puis seulement une semaine plus tard le voilà titulaire face à l’AC Milan. Il terminera la saison avec 9 apparitions au compteur entre mars et mai. Mamadou Coulibaly a grillé les étapes et s’est très vite adapté au haut niveau italien. Aujourd’hui en Serie B le jeune milieu continue son chemin avec 15 matchs au compteur cette saison sous les ordres de Zdenek Zeman. Il s’est d’ailleurs offert un premier but en Italie face au leader de Serie B : Empoli

La route est encore longue pour Mamadou Coulibaly. Mais si généralement à 19 ans le plus dur n’a pas encore été vécu dans une carrière de footballeur, ce n’est peut-être pas le cas de Coulibaly qui peut désormais jouer sereinement sans craindre la mort ou la faim. Une certitude, l’histoire n’est pas terminée pour celui qui se rêve en nouveau Yaya Touré.

 Propos de Mamadou Coulibaly tirés de la Gazzetta dello Sport

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