Économie : les clubs italiens à la peine

Comme chaque année au mois de Janvier, le cabinet d’audit américain a publié son rapport sur la Money Football League, qui analyse les performances économiques des plus grands clubs européens. Ce rapport est l’un des plus complets et sûrement le plus reconnu concernant les finances des grands clubs européens. Le bilan de cette année est contrasté pour les clubs italiens. Malgré des résultats sportifs en nette progression, les clubs de la botte peinent à lutter face à leurs rivaux européens et particulièrement britannique. 

Juventus, le premier de la classe

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Source : Deloitte Football Money League, Janvier 2018

Sans surprise, la Vieille Dame se hisse tout en haut du classement des clubs italiens. Plus surprenant (ou pas), les bianconeri ne sont que la 10 ème puissance économique européenne avec des revenus estimés à 405,7M d’euros en 2016-2017. Un chiffre tout de même en nette hausse par rapport à la saison précédente grâce, notamment, à l’augmentation des droits TV, qui ont augmenté de près de 40M€. La finale de Ligue des Champions, disputée l’année dernière, a en effet permis à la Juve de récolter 110M€ en droits TV continentaux, soit le plus gros total européen devant son adversaire en finale, le Real Madrid. Plus généralement, les revenus du champion en titre sont en constante hausse depuis près de 10 ans, symbole d’un club bien géré et stable financièrement. Pourtant, en dépit de son statut de géant européen, la Juve est loin des autres mastodontes européens comme le Real Madrid, le Bayern Munich ou le PSG qui possèdent des revenus nettement supérieurs. 

Inter Is Coming

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Source : Deloitte Football Money League, Janvier 2018

La deuxième plus grosse progression européenne est, étonnamment, réalisée par l’Inter qui gagne 4 places au sein de la Football Money League. Malgré des résultats sportifs pour le moins médiocres l’année dernière l’Inter est en excellente forme économique. Cela est due particulièrement à la signature de nombreux contrats de sponsoring avec le nouveau propriétaire des nerazzurri, Sunning Sport. Des revenus commerciaux plus que doublés (de 55 à 130 millions d’€), permettent à l’actuel 4ème du championnat de compenser la stagnation de ses revenus télévisés. La forte présence de l’Inter sur le très porteur marché asiatique où le club a développé une importante base de supporters est aussi à l’origine de cette augmentation des revenus commerciaux. Pour cela il faut féliciter la direction du club milanais qui depuis plusieurs années développe une politique tournée vers l’Asie, où les nerazzurri ont notamment disputés de nombreux matchs amicaux ces dernières années.

Revoilà le Napoli

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Source : Deloitte Football Money League, Janvier 2018

Après trois ans d’absence, le Napoli fait son retour parmi le top 20 des puissances économiques européennes. Cela est dû notamment au beau parcours des hommes de Sarri en Champions League la saison passée qui a permis une hausse de 51% des revenus télévisés du club de Campanie, ainsi qu’une une augmentation des revenus générés par la billetterie du San Paolo. L’actuel leader de Serie A a également bénéficié de la signature d’un nouveau contrat de sponsoring avec le géant italien de la boisson Acqua Lete. Inquiétant tout de même le Napoli, tire près de 75% des ses revenus des droits télévisés, la santé financière du club est donc extrêmement dépendante des performances sportives et notamment de la qualification pour la Ligue des Champions. L’élimination précoce des partenopei en phase de groupes cette saison laisse prévoir une chute des revenus pour la saison en cours.

SOS Milan en détresse, Ciao Roma 

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Source : Deloitte Football Money League, Janvier 2018

Depuis 2006 et la première parution de la Deloitte Money Football League, l’AC Milan n’avait jamais été absent du top 20, c’est chose faite cette année. Le géant milanais en perdition dans le championnat italien, l’est aussi sur le champ de bataille économique. Malgré un rachat par des investisseurs chinois, le sextuple vainqueur de la Ligue des Champions n’a pu échapper au déclin financier. En cause ? Un stade désespérément vide et des revenus télévisés en constantes chutes dus à la non-qualification des milanais pour la Ligue des Champions. Encore plus inquiétant, d’insistantes rumeurs affirment que le nouveau contrat de sponsoring entre le Milan et Puma serait chiffré à seulement 12M€ par saison, soit 8M de moins que l’actuel contrat avec Adidas. Avec ces mauvaises performances économiques le Millan a accumulé plus de 255 millions d’euros de perte et s’est vu refusé le Voluntary Agreement par l’UEFA dans le cadre du fair-play financier. Le deuxième cancre de cette édition 2018 n’est autre que la Roma. Lui aussi très dépendant des recettes télévisées (71% des revenues de la Roma en 2015-2016), le club de la capitale a très mal digéré financièrement l’élimination en barrages de Ligue des Champions face à Porto la saison passée. Résultat, les revenues de la Roma ont chuté de près de 50M d’€ la saison dernière et la Louve se retrouve éjectée du top 20. Cette perte de revenues conséquente a notamment forcée les giallorossi à vendre leur attaquant star Mohamed Salah à Liverpool afin de rentrer dans les clous du Fair-Play financier. Le club souffre aussi de l’absence d’un sponsor maillot qui représente un manque à gagner important. Néanmoins, une nette amélioration est à prévoir pour la saison en cours en raison de la qualification des romains pour les 8e de finale de la Ligue des Champions.

Conclusion

La saison 2016-2017 représente la pire saison des clubs italiens sur le plan financier avec seulement trois clubs dans le top 20 et un seul dans le top 10. Deux principaux facteurs sont en cause. Premièrement : les stades, les revenus des billetteries des clubs italiens sont ridiculement basses par rapport à leurs concurrent européens (sauf pour la Juventus) avec des affluences qui peine à dépasser les 30 000 spectateurs de moyenne pour la plupart des clubs. La Roma tarde à lancer la construction de son nouveau stade et le dossier est toujours au point mort pour le Napoli et les deux clubs milanais. Deuxième faiblesse : les revenus commerciaux. Mis à part la Juve et les deux clubs de Milan, les grandes écuries italiennes ont des revenus commerciaux extrêmement bas. Malgré leurs bons résultats sportifs, des clubs comme la Roma ou le Napoli peinent à être attractif en dehors de l’Italie ce qui freine leur progression économique, comparé notamment à leurs adversaires allemands et espagnols.  

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