Racisme dans les stades italiens : il faut agir !

Hier soir le match entre Cagliari et la Juventus venait conclure une belle journée de Serie A. Des buts, du suspens, du beau jeu, bref une magnifique pub pour le championnat italien. Mais voilà qu’arrive dans la presse les échos de chants et gestes racistes des tifosi de Cagliari à l’encontre de Blaise Matuidi. Un énième scandale qui vient ternir l’image du Calcio, des tifosi italiens et de l’Italie toute entière. Pourtant le problème n’est pas nouveau, le racisme dans les stades est malheureusement un phénomène récurrent en Europe et dans le monde entier, mais l’Italie, contrairement à ses voisins européens n’a rien fait pour agir.

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La justice sportive italienne est des plus laxistes avec les cas de racisme. Face à l’Hellas Verona, le même Blaise Matuidi avait été victime de chant racistes. Le résultat ? Une maigre amende de 20 000 € pour le club et un huis-clos pour les tifosi Gialloblu, autrement dit, quasiment rien. Les clubs portent la responsabilité de leurs supporters qui ne sont quasiment jamais inquiétés et peuvent tranquillement revenir au stade dès la fin de la sanction infligée à la Curva. Autre exemple, en octobre dernier, 13 supporters de la Lazio comparaissaient devant la justice sportive italienne, pour avoir collé des stickers d’Anne Frank vêtu du maillot de la Roma. Suite à ce scandale, ultra-médiatisé, l’occasion se présentait de faire un exemple et de montrer une vraie volonté de s’engager contre toute forme de racisme. Pourtant les 13 Irriducibili n’écopent que de légère interdiction de stade de 5 à 8 ans. Une broutille. La Lazio, via son Directeur de communication, Arturo Diaconale, dénonce « une vague de maccarthysme politiquement correct » et refuse d’engager toute procédure pénale contre ses tifosi. La semaine suivante alors que la Curva Nord est fermée à cause de cet épisode, la Lazio décide d’ouvrir la Curva Sud à ses tifosi, allant ainsi à l’encontre de la décision de la justice italienne.

Mais le racisme, et c’est encore plus grave, ne touche pas que les supporters. La saison dernière, après un derby de Rome particulièrement tendu, le milieu bosniaque de la Lazio, Senad Lulic déclare à Mediaset :

Rüdiger parlait déjà avant le match. Il y a deux ans, il était à Stuttgart à vendre des chaussettes et des ceintures et maintenant il fait le phénomène. 

 Des propose scandaleux, tenus en public, qui lui vaudront 10 000 € d’amende et 20 jours de suspension qui ne lui feront louper qu’un seul petit match.  Pour un même cas de racisme, John Terry avait écopé de 200 000 £ (environ 220 000 €) d’amende, quatre matchs de suspension et avait été déchu de son rôle de capitaine de l’équipe d’Angleterre.

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Encore plus affligeant, le désormais ex-président de la FIGC, Carlo Tavecchio s’était permis de déclarer en pleine campagne :

Opti Poba est arrivé ici et avant il mangeait des bananes, aujourd’hui il joue titulaire à la Lazio de Rome.

Des propos qui ne l’avaient pas empêché d’être largement élu à la tête de la fédération italienne de football. Un exemple scandaleux qui prouve l’impunité du racisme au sein des organes du football italien. Comment condamner les tifosi si même le plus haut représentant se permet de tenir de tels propos ?

L’Italie a laissé le racisme gangrener le football et se retrouve aujourd’hui avec un sérieux problème. Ce racisme est d’autant plus inacceptable que le football, de par sa médiatisation est aussi un vecteur politique et social, particulièrement influent, notamment chez les jeunes. Pourtant des solutions existent, le racisme autrefois fléau des stades anglais est devenu beaucoup moins récurrent. La FA (la fédération anglaise de football) a pour cela pris des mesures drastiques : lourdes amendes, poursuites pénales et surtout interdictions de stades à vie, des sanctions qui restent trop rares en Italie. Les joueurs mis en cause pour racisme, Luis Suarez par exemple, ont été condamnés lourdement. De même, l’Italie doit mettre en place des moyens techniques et technologiques pour identifier et condamner systématiquement les auteurs de violence ou de racisme. Le but n’est pas de lutter contre les tifosi ou de rendre les stades aseptisés, il s’agit seulement de faire le ménage dans certaines tribunes italiennes qui ont trop longtemps profité du laxisme du système.

@louisdebrondeau

 

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