Enfin une vraie locomotive en Serie A ?

Depuis le début de saison, la Série A nous offre un début de championnat virevoltant,  en termes de chiffres et de jeu pratiqué et de régularité, confirmant les progrès aperçus les années précédentes. Au terme de la 14ème journée le Napoli, solide leader du championnat, ne compte que 10 points d’avance sur la Lazio, actuel cinquième comptant 1 match en retard. Certains observateurs affirment que c’est le meilleur début de saison que notre championnat connaît depuis des années.

Intéressons-nous aux causes et aux acteurs de ce début de saison enflammé.

La réforme de la Ligue des Champions

Il y a plus d’un an de cela la réforme de l’UEFA concernant les places européennes en Ligue des Champions applicable à partir de la saison 2018/2019, a permis à la Série A de passer de 2 clubs qualifiés directs pour la phase de poule accompagné d’un barragiste à 4 clubs qualifiés directs en phase de poule. Un élément très important à prendre en compte, pouvant expliquer ce début de saison et la bataille au niveau des places européennes.

Arrivé au terme du mois de novembre il est difficile d’éviter ce qui se passe cette saison.

Si l’on parle en terme de chiffres, toutes les équipes du top 5 tournent au minimum à 2 points par match, ce qui est plutôt impressionnant. On pourrait analyser cette statistique pour traduire une faiblesse des autres clubs de Serie A, mais l’on peut aussi la traduire de façon à montrer un championnat à 3 wagons, où les clubs du top 5 représentant le premier wagon, sont les locomotives essentielles pour tirer la Série A vers le haut. Il serait malhonnête de nier la faiblesse de certaines équipes comme Benevento, le Hellas, la Spal, ou l’Udinese où chaque rencontre pour les membres du top 5 contre une de ces équipes est synonyme de victoire. Les places du haut de tableaux semblent donc se décider sur le résultat des rencontres directs des membres du top 5.

Afin de comprendre la réussite et les enjeux des clubs du top 5, regardons de plus près les acteurs de ce début de championnat.

Le SSC Napoli, leader tranquille

August 22 2017 Soccer team of Naples before the UEFA Champions League Qualifying Play Offs round

Sur la lancée de la saison dernière et fort d’un début saison totalement maîtrisé en championnat, le Napoli est actuellement leader du championnat et toujours invaincu avec 38 points.

L’équipe de Maurizio Sarri compte 12 victoires et 2 matchs nuls. Toujours emmené par son jeu léché et son collectif impressionnant (2ème meilleure attaque du championnat) en s’appuyant sur une animation défensive très sous-estimée (Co-meilleure meilleure défense du championnat), la troupe de Sarri confirme sa fantastique saison dernière. Sur les 14 journées effectuées le Napoli a déjà rencontré 3 clubs du top 5 : la Roma, l’Inter et la Lazio où elle a pris 7 points sur 9 possibles.

L’objectif clair affiché par les joueurs, le staff et le président lui-même est le titre, et les Napolitains seront prêts à tout cette saison pour atteindre leur but, même à laisser de côté, la si prestigieuse Ligue des Champions. En cette fin de la phase aller, il reste aux azzurri 2 gros matchs à négocier, la double réception face à l’ennemi Turinois Vendredi et la réception de la Sampdoria. Ce qui entache le magnifique début de saison Napolitain est son parcours en Ligue des Champions. Malgré le fait qu’ils ne soient pas encore éliminé, les Napolitains n’ont plus leur destin entre leur main, ils doivent compter sur une victoire de Manchester City qui se déplace chez les ukrainiens du Shakhtar, un déplacement facile au premier abord, mais en réalité très compliqué tant l’équipe de Paulo Fonseca a fait forte impression.

A en croire ce début de saison on pourrait penser que le Napoli est parfait pour autant le club campanien connait bien des limites. L’effectif napolitain demeure encore un peu mince, surtout avec les blessures à long termes d’Arkadiusz Milik et Faouzi Ghoulam. Il suffirait d’une blessure d’un membre du trio offensif (Dries Mertens, Lorenzo Insigne, José Callejon) pour changer l’équilibre de l’équipe, notamment Insigne et Mertens auteurs de deux très bon début de saison, où leurs remplaçants apportent très peu ou bien n’existent pas.

Leur mercato d’hiver peut être alors décisif pour la suite de leur championnat.

Inter Milan, solide dauphin

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Rappelez-vous un jour de 9 juin 2017 où le Community Manager de l’Inter tweeta #InterIsComing. Depuis ce jour l’Inter a complètement changé de dimension, actuel dauphin du Napoli, lui aussi invaincu avec 36 points. 11 victoires pour 3 matchs nuls, un début de saison quasiment inattendu pour les observateurs.

Pourtant ce début de saison est mérité car il récompense un excellent travail de Luciano Spaletti apportant une âme, une rigueur tactique en s’appuyant sur une très bonne défense (deuxième meilleure défense du championnat) et un excellent mercato, totalement à l’opposé du rival milanais qui lui a bâti son mercato sur des noms aux prix clinquants, (215 millions d’euros dépensés) pour n’être qu’au final une déception de ce début de saison. Le board Interiste lui a préféré investir intelligemment sur des valeurs sures de la Série A comme Matias Vecino et Borja Valero et sur des promesses comme Milan Skriniar une des révélations de ce début de saison. Point noir de ce mercato les arrivées de Dalbert et Joao Cancelo qui n’ont pour le moment pas convaincu le staff les estimant encore trop court.

Ce qui donne un mercato bâti pour finir top 4, significatif de qualification pour la Ligue des Champions, l’objectif du board Interiste. Pour y parvenir l’Inter peut compter sur son attaquant star Mauro Icardi, co-meilleur buteur du championnat avec 15 réalisations, auteur d’un excellent début de saison, il porte l’Inter et joue son rôle de capitaine à 100%. Pour autant l’Inter ne se résume pas à Icardi malgré le fait qu’il en soit la star, le club lombard peut aussi compter sur Ivan Perisic, Milan Skriniar, Samir Handadovic, Borja Valero et Matias Vecino, tous auteurs d’un très bon début de saison, et les progressions de joueurs comme Danilo D’ambrosio.

Avant la fin de la phase aller les nerrazzuri ont déjà affronté le Napoli, la Roma et la Sampdoria, des rencontres qui se sont soldées par 2 victoires (Sampdoria, Roma) et 1 match nul (Napoli) il ne leur reste donc 2 chocs à négocier face à la Juve et la Lazio. En plus de tout cela l’Inter bénéficie du fait qu’ils n’ont qu’un seul match à jouer par semaine avec sa non présence en Europe ce qui lui permet d’aligner les mêmes joueurs chaque semaine alors toujours frais. Sur leur excellente forme, porté par un Icardi phénoménal, et dirigé par l’excellent Luciano Spaletti une question se pose : Comment l’Inter pourrait-il chuter ?  

Leur effectif limité pourrait les gêner au fil de la saison, nous ne sommes qu’à la 14ème journée et il reste de nombreux mois avant la fin du championnat, pour le moment les nerrazzuri ont été épargnés par les blessures mais la saison reste longue et les organismes risquent de souffrir au fil de la saison. Des blessures pourraient considérablement changer la saison Interiste, surtout aux postes d’avant-centre et de défenseur central.

Tout comme le Napoli, le mercato d’hiver du côté Lombard peut être important, qui pourrait aider l’Inter à passer prétendant aux places qualificatives pour la Ligue des Champions, à prétendant au titre.

La Juventus paradoxale, mais solide

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Le tenant du titre réalise un début de saison paradoxal, actuel troisième de Série A la Juve cristallise de nombreuses critiques du fait de son jeu assez pauvre. Chaque saison l’objectif des clubs du haut de tableau est de faire tomber la Juve mais cette saison la Vieille Dame est plus que jamais en danger car elle pourrait bien perdre son titre qu’elle conserve depuis 6 ans.

Pourtant malgré les critiques existentielles la Juve réalise un très bon début de saison comptablement parlant avec 34 points, mais c’est sur le terrain que la Vieille Dame réalise un début de saison inhabituel. Cela a commencé par un mercato assez agité, éclipsé par les mercati des 2 clubs lombard, pourtant il y a eu de nombreux mouvement du côté de la Juve. Depuis cet été la BBC n’existe plus, une défense totalement remaniée avec les départs de Leonardo Bonucci pour l’AC Milan, et de Daniel Alves. Des départs remplacés numériquement par les arrivées de Benedikt Howedes et de Mattia De Sciglio. Au milieu de terrain la Juve a accueilli dans ses rangs l’expérimenté Blaise Matuidi et le jeune uruguayen Rodrigo Bentancur. Enfin sur le secteur offensif la Juve s’est renforcée avec les arrivées de l’international brésilien Douglas Costa et l’international italien Federico Bernadeschi.

Sur le papier la Juve semble s’être clairement affaiblie sur l’aspect défensif, avec les départs de l’un des meilleurs défenseur central du monde et l’un des meilleurs latéral droit du monde, laissant la Juve avec une défense vieillissante : Andrea Barzagli 36 ans, Stephan Lichtsteiner 33 ans, Georgio Chiellini 33 ans. Sur le côté offensif elle s’est renforcée avec les arrivées de joueurs capable de faire la différence sur les côtés et d’animer un couloir avec Bernadeschi et Costa qui amènent leur fougue et leur qualité technique. Ces impressions se ressentent clairement sur le terrain et explique ce début de saison paradoxale de la Vieille Dame. Le soucis que pointe beaucoup d’observateurs, est l’animation défensive de la Juve, qui se voit par les chiffres, bien que possédant la meilleure attaque du championnat avec 40 buts marqués, les bianconerri encaissent trop de buts, à titre comparatif la Roma et le Napoli ont encaissé 9 buts, l’Inter 10 buts. La Juve quant à elle en a encaissé 14 buts sur 14 matchs joués. Ces chiffres montrent que la Juve est capable de marquer a n’importe quel moment mais capable aussi d’encaisser beaucoup de buts par n’importe qui, exemple avec Benevento, la Spal et l’Udinese.

Les performances individuelles inquiètent du côté des bianconerri. Le cas d’Alex Sandro est le plus frappant, il brillait de par son apport défensif et offensif considérable, mais il est méconnaissable en ce début de saison, il passe totalement à côté et donne l’impression qu’il est ailleurs peut-être perturbé par les rumeurs de cet été l’envoyant à Chelsea. Un autre fait inquiète du côté de Turin ce sont les performances de la Juve dans les gros matchs, face à la Lazio x2, la Sampdoria ou le Barça, la Juve ne compte aucune victoire. Un constat saisissant puisque que ce soit en Ligue des Champions, en championnat ou en en Supercoppa la Juve n’a gagné aucun de ces chocs.

En énumérant tout ces faits, on pourrait croire que la Juve est larguée en championnat et en Ligue des Champions, pourtant dans la reine des compétitions Européenne la Juve est actuellement deuxième, pas encore qualifiée, mais tient son destin entre ses mains. En Championnat la Juve est troisième à 4 points du leader napolitain, un écart peu important, tant on sait ce dont est capable la Juve.

La fin d’année 2017 s’annonce compliquée, pour la Juve qui va enchaîner le Napoli, la Roma, et l’Inter, des rencontres qui pourraient être décisives pour la Vieille Dame et pour la suite du championnat.

L’As Roma, dans la locomotive

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Auteur d’un très bon de saison la Roma se classe quatrième de Série A avec 31 points avec 1 match en retard, malgré ses nombreux changements en ce début de saison.

Le 25 octobre nous avions publié un article consacré sur l’AS Roma intitulé « la Roma a-t-elle pris du retard ? » 1 mois s’est écoulé depuis et la Roma a bien négocié son mois de Novembre. Malgré les 2 dernières contre-performances face au Genoa et à l’Atletico, la Roma est toujours bien placée sur tous les tableaux.

Pourtant la Louve a connu de nombreux changements durant le mercato, le départ de Luciano Spaletti remplacé par Eusebio Di Francesco. L’arrivée de Monchi, connu pour ses nombreuses affaires avec le FC Séville, dans le board romanista en tant que directeur sportif. Le départ du gladiateur et légende romaine Francesco Totti qui a lui aussi rejoint la direction romaine. Sur le terrain la Roma a perdu son arme offensive numéro une, Mohamed Salah, qui actuellement brille sur les pelouses anglaises. Mario Rui s’est envolé vers le Napoli, Antonio Rudiger vers Chelsea et Leandro Paredes en direction du Zénith. Pour marquer un nouveau départ la Roma a recruté de nombreux joueurs tels que : Maxime Gonalons, Rick Karsdorp, Patrick Schick, Hector Moreno, Alexsandr Kolarov, Lorenzo Pellegrini, Grégoire Defrel et Cengiz Under. Beaucoup de nouveaux joueurs qui ont besoin de temps d’adaptation.

Dans le jeu, les Romains paraissent moins enthousiasmant que la saison dernière, il faut dire que la Roma version Di Francesco est encore en rodage et en apprentissage, mais l’on pourrait déjà noter quelques enseignements tactiques. La Roma s’appuie sur une excellente défense (Co-meilleure défense du championnat avec 9 buts encaissés) et un réalisme froid. En Ligue des Champions, la Roma a surpris l’Europe entière, dans une poule composée de Chelsea et l’Atletico que l’on considérait comme poule de la mort, il était difficile de prévoir que la Roma soit en passe de se qualifier, pourtant des coups comme face à la double confrontation face au Chelsea d’Antonio Conte où les Romains sont restés invaincus ont permis aux romains, malgré la défaite face à l’Atletico, de rester 2ème et d’avoir son destin en main car lors de la dernière journée la Roma va recevoir Qarabag, le dernier de la poule déjà éliminé de toute compétition européenne, pendant que l’Atletico se déplacera à Stamford Bridge.

Malgré un bon début de saison sur le point comptable, l’affaiblissement romain se traduit dans les gros matchs en Série A, où les romains ont un bilan mitigé, 2 défaites face à l’Inter et le Napoli pour une victoire face à la Lazio. Un autre problème, celui-ci récurrent chez les giallorossi : Les blessures, celles-ci affectent considérablement l’effectif romain touchant principalement les nouveaux joueurs que l’on a peu vu cette saison. C’est le cas de Karsdorp, Schick et Moreno. La Roma a pu compter sur les retours du vital Alessandro Florenzi et d’Emerson. Jusqu’à présent la Roma a accumulé un peu de retard comparé à ses concurrents qui n’ont pas subis autant de chamboulement.

La Lazio suit le rythme

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On attendait plutôt l’AC Milan à la place de la Lazio avec son recrutement faramineux, et pourtant ce sont les hommes d’Inzaghi cette saison qui complètent ce top 5. Un début de saison inattendu et historique pour les Laziali car ils réalisent le meilleur départ de toute leur histoire. Pour ceux qui ne suivent pas régulièrement la Série A, l’ascension de la Lazio pourrait surprendre mais pour les observateurs avisés, sont au contraire confirmés dans leurs idées. Les biancocelesti avaient déjà fait parler d’eux en début de saison, souvenez-vous lors de la Supercoppa les joueurs de la capitale avaient chipé à la Juve le trophée en remportant le match, ce qui était les prémisses d’une saison qui ne s’annonçait pas comme les autres. D’année en année la Lazio n’a cessé de progresser, obtenant des résultats très intéressants.

Que ce soit en Europe ou en Italie la Lazio maîtrise son sujet, leader incontestable dans sa poule d’Europe Lague et cinquième de Série A avec 29 points et 1 match en retard. Emmené par un Simone Inzaghi qui a réussit à obtenir le meilleur de ses joueurs et a premièrement su faire renaître des joueurs que l’on croyait fini, comme Luis Alberto qui renaît sous ses ordres, où l’actuel co-meilleur buteur du championnat Ciro Immobile auteur de 15 buts et deuxièmement faire progresser de nombreux joueurs comme Milinkovic-Savic, Jordan Lukaku ou Thomas Strakosha. Il est clair que les biancocelesti semblent plus faible comparé aux autres clubs composant ce top 5, car ils n’étaient pas censés batailler dans leur rang, mais Inzaghi et tout son staff a su tirer le meilleur de son effectif. Sur le jeu, la Lazio est une équipe plutôt portée par l’attaque, (3ème meilleure attaque du championnat avec 33 buts en 13 matchs) mais ce qui rend cette équipe surprenante c’est qu’elle sait s’adapter à toutes situations, capable de subir comme de dominer une rencontre.

Il est impossible de ne pas s’attarder sur la Lazio qui malgré ses progrès, est plus surprenante que prévu. Il est clair qu’il ne faut pas la voir plus belle qu’elle ne l’est, car malgré son excellent début de saison, elle reste en dessous comparé aux autres membres du top 5, et ne peut pas pour le moment lutter pour le titre, mais les tifosi peuvent se permettre de rêver et pourquoi pas d’espérer une qualification en Ligue des Champions. Pour cela il faudra faire encore mieux face aux gros du championnat car malgré un succès face à la Juve, la Lazio reste sur un bilan négatif contre les cadors Italiens. Bilan actuel, une défaite face à la Roma lors du derby et une autre contre le Napoli.

Pour espérer mieux la Lazio devra obtenir des résultats face aux cadors, mais attention, comme Icare, à vouloir voler trop haut, elle pourrait s’y brûler les ailes.

@MagicalKenny 

 

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